Dans une analyse que je publiais sur Bombardier il y a 2 jours à peine, j’y relatais le très sombre avenir de Bombardier autant pour sa division ferroviaire que sa division aéronautique.
Et du fait que, à terme, ces deux divisions devraient fusionner – pour ne pas dire se faire « avaler » – par un partenaire aux moyens financiers plus grands.
Eh bien, j’avais vu juste: la chinoise Comac, avec l’appui d’une banque en Chine, est en négotiation pour venir à la rescousse de la division aéronautique de Bombardier, soit en prenant une participation dans la société en commandite qui gère le programme de la C Series ou dans la division aéronautique elle- même. Voir l’article du Financial Times publié en ce jour qui traite des discussions en cours. Cela étant, tel que je l’avais énoncé dans mon billet, le nouvel avion chinois C919 de Comac n’a pas les qualités techniques et opérationnelles de ses concurrents Boeing, Airbus ou Bombardier. Mais, nul doute que, à travers cette prise de contrôle ou cette prise de participation, Comac va acquérir, rapidement et à bon prix, ce qui lui fait défaut pour se hisser aux premiers rangs, à même la technologie développée par Bombardier que nous avons subventionné à grand frais.
Ce qui soulève les mêmes questionnements que ceux que j’évoquais dans mon analyse: après la division ferroviaire qui n’a d’autre choix que de se faire « fusionner » avec Alstom ou Siemens,
– quel avenir pour la division aéronautique de Bombardier, sa technologie et les emplois qui risquent de se retrouver en Asie à moyen terme?
– que va-t-il advenir de l’investissement de 1 G$ US du gouvernement du Québec dans la C Series?
– et, est-ce que le gouvernement fédéral va investir dans une entreprise qui est en train de passer aux mains d’un groupe étranger?
– En cas de participation de Comac dans Bombardier, nul doute que les droits de vote multiplies détenus par la famille Beaudoin seront remis en question par ce nouveau partenaire qui n’acceptera pas la tutelle d’un groupe d’actions, en minorité, sur les grandes décisions de l’entreprise, comme le relatait le journaliste Michel Girard dans une chronique récente.
Nul doute que, dans la mesure où CRRC peut fabriquer des wagons de métro à la moitié du prix soumissionné par Bombardier pour Boston, la production d’avions de la C Series se déplacera en Asie, là où les coûts de production sont largement inférieurs à ce que peut proposer Bombardier à même ses usines.
Voilà là où les sages décisions de la famille Beaudoin ont conduit un fleuron industriel… qui ne s’en remettra pas…
Ainsi le Québec, après avoir perdu Bombardier, Alcan, Maax,… et tous nos grands groupes industriels, n’est-il destiné qu’à devenir un exportateur de matières premières comme seule condition de sa survie économique?