« CLO » (« Collateralized Loan Obligations »): et ça recommence!

Vous vous souvenez du film « The Big Short » (La casse du siècle, en français) où un financier très « articulé » avait vu venir la crise et investi dans des produits dérivés assortis d’une assurance « CDS » souscrite auprès de l’assureur AIG? Il a fait une fortune sur le dos des financiers qui, eux, en vendant des hypothèques insolvables, avaient fait fortune sur le dos des gestionnaires de régimes de retraite, des fonds souverains,…

Pour ceux et celles moins familier avec la chose, on avait vendu en grande quantité des résidences à des gens avec « peu en moyens » qui avaient contracté de grosses hypothèques pour leurs achats. Puis, 6 mois plus tard, leurs résidences ayant pris de la valeur, ils les réhypothéquaient et s’en allaient en vacances avec la plus value de leur résidences. Et ainsi de suite à répétition et à grande échelle. Une spéculation effrénée s’était mise en place sur la base d’un marché – marché des hypothèques toxiques – qui ne demandait qu’à s’effondrer.

Puis, des financiers avaient « regroupé ensemble » ces hypothèques insolvables sous forme de « CDO » (« Collateralized Debt Obligations ») et les agences de crédit avaient associé une cote AAA à ces hypothèques. Alors, des régimes de retraite, des grands investisseurs, des fonds souverains, à la recherche de rendement sur des placements « sûrs », avaient souscrit (i.e. « acheté ») ces CDO. Et, lorsque les taux d’intérêt ont subitement augmenté, eh bien les propriétaires, incapables de faire les versements sur leurs hypothèques, avaient déclaré forfait et la crise de 2008 est survenu, alors que les pertes furent immenses.

Evidemment, depuis ce temps, les autorités ont mis en place des « freins » et le monde de la finance a appris de toutes ces spéculations sans retenue, le tout basé sur des assises sans fondement.

Vraiment? Eh bien, il semble que non…

Car, depuis ce temps, au lieu de vendre des résidences assorties d’hypothèques toxiques, les financiers ont proposé des prêts à la consommation à des personnes insolvables, comme cela se doit. Pourquoi? Parce que « l’argent doit rouler » et pour les généreuses commissions qu’ils en retirent. Et, d’autres financiers ont « regroupé ensemble » ces prêts toxiques sous le nouveau vocable de « CLO » (« Collateralized Loan Obligations ») et les agences de crédit ont, à nouveau, adossé une cote AAA à ces prêts à la consommation très risqués.

Et, devinez quoi? Les régimes de retraite, les fonds d’investissement et les fonds souverains ont, à nouveau, souscrit massivement ces prêts toxiques. Il suffirait que, à nouveau, les taux d’intérêt augmentent légèrement pour nous ramener dans une crise financière similaire à celle de 2008.

Cela étant, vous croyez qu’il s’agit d’un énoncé alarmiste et qu’une nouvelle crise est hors de portée? Eh bien, regardez autour de vous toutes ces voitures récentes, tous ces VUS luxueux,… qui roulent sur nos routes pour réaliser combien le marché des prêts à la consommation a augmenté durant les dernières années. Et comment le « crédit facile » s’est généralisé durant les dernières années.

Pour apprécier davantage la situation, une analyse fort intéressante nous est proposée dans le Financial Times:

The sequel to the global financial crisis is here – Financial Times – 2017-07-31