Même les investisseurs chinois se retirent du marché immobilier commercial

Le party a débuté en 2013… Soucieux de diversifier leurs placements et, surtout, de mettre leurs liquidités à l’abri à l’étranger, les entreprises/investisseurs chinois ont été très actifs dans l’acquisition d’entreprises et d’immobilier commercial à l’étranger. Que ce soit New York ou Londres (ou Vancouver ou Toronto), les grandes capitales ont vu déferler des sommes énormes investies dans tous les secteurs d’acitivité, notamment le secteur immobilier commercial.

Ainsi, selon une compilation de Morgan Stanley relayée par Bloomberg:

« Over the two years in the US alone, according to Morgan Stanley, cited by Bloomberg, Chinese firms have acquired $17 billion worth of commercial properties. »

En résumé, les entreprises et investisseurs chinois ont acquis pour 17 G$ (i.e. 17 milliards de $) d’actifs immobiliers aux Etats-Unis seulement durant les deux dernières années. Une somme énorme, on en conviendra.

Mais, voilà que le vent tourne…

D’une part, le gouvernement chinois a resserré davantage les sorties de capitaux de la Chine afin de contrer la baisse de la monnaie chinoise et faire en sorte que les investisseurs chinois investissent… en Chine, surtout que la Chine éprouve de sérieux problèmes d’endettement et qu’elle doit maintenir des emplois sinon le gouvernment pourrait perdre le monopole politique qu’il détient depuis la prise du pouvoir par Mao Zedong.

D’autre part, dans une chronique précédente, je faisais part du fait que les détaillants « brick & mortar » (i.e. les détaillants qui ont pignon sur rue) n’en finissent plus de se retirer du marché (i.e. déclarer faillite) à cause de la venue de commerces en ligne tel Amazon. La preuve la plus récnete chez nous: la faillite en cours chez Sears Canada. Alors que le nombre de locaux vides, dans les rues les plus prestigieuses de New York, ne cesse d’augmenter, comme je le relayais récemment.

Donc, qui dit « détaillants qui quittent en grand nombre les affaires » implique des locaux commerciaux vacants en nombre croissant. D’où la baisse significative des acquisitions commerciales par des entreprises/investisseurs chinois, une baisse de 84% en 2017 pour un volume d’acquisitions de 1,7 G$ seulement.

Il importe égalemetn de préciser que nombre de ces acquisitions, à l’étranger, étaient financées par des banques chinoises fortement endettées elles-mêmes. A la baisse constante des détaillants « brick & mortar » en affaires s’ajoute une diminution des liquidités mises à la disposition des entreprises/investisseurs chinois, pour investissement à l’étranger, par les banques chinoises, sous la pression du gouvernement qui veut assainir leurs bilans financiers.

Bref, en résumé, le marché de l’immobilier commercial est en pleine mutation et des changements importants sont à prévoir dans les prochaines années.

Une très bonne analyse de la situation nous est proposée par les financiers du site Wolf Street disponible sur ce lien:

This Hits the Wheezing Commercial Real Estate Bubble at Worst Possible Time