Eh oui, bientôt dix années que la crise financière de 2007 a débuté… en août 2007, si ma mémoire est bonne… Alors, comment le monde de la finance s’est-il remis de cette crise majeure? Comment – et si – les gouvernements ont-ils « récupéré » les liquidités injectées pour sauver le système de l’écrasement total?
Tout d’abord, quelques distinctions…
S’agissant du sauvetage du système financier, 2 acteurs sont intervenus:
– les gouvernements, via leur « département du Trésor »
– les banques centrales, tel la FED américaine, le BCE européenne, la Banque d’Angleterre,…
Au niveau des gouvernements, ceuxi-ci sont intervenus en injectant des fonds directement dans des banques et des entreprises d’importance au bord de la failite. C’et le cas du gouvernement américain qui a injecté des fonds dans GM, dans Fannie May, dans Freddie Mac,… pour les sauver de la faillite. Ces investissements ont été faits sous forme d’actions de ces entreprises acquises par le Trésor en contrepartie des liquidités injectées dans celles-ci.
C’est également le cas en Angleterre où le Trésor a injecté des liquidités dans la banque Royal Bank of Scotland (RBS), dans la banque Barclay’s,… Et d’autres gouvernements en Europe ont fait de même sur leurs territoires (Allemagne, Irlande, …).
Maintenant, au niveau des banques centrales, elles ont racheté les hypothèques insolvables (« hypothèques toxiques ») qui avaient été souscrites par des gens qui n’avaient pas les moyens d’acquiérir des propriétés, la bulle spéculative étant en plein essor. Ces hypothèques ont été rachetées à leur valeur nominale, i.e. à la valeur des hypothèques émises à l’origine même si les propriétés avaient perdu de leur valeur sur le marché.
Alors, le bilan 10 années plus tard?
En ce qui concerne le Trésor américain, toutes les liquidités investies dans les entreprises américaines ont été récupérées, ce qui a fait dire au président Obama:
« We got back every dime used to rescue the banks ».
Donc, bilan positif pour le gouvernemennt américain. A cela s’ajouter les pénalités de 150 G$ imposées aux banques pour avoir vendu frauduleusement des produits toxiques. Je joins à ce commentaire deux illustrations proposées par le Financial Times, pour en savoir davantage.
Maintenant, en ce qui concerne les gouvernements en Europe, le bilan est, à ce jour, négatif. Ainsi, l’Allemagne, l’Angleterre, l’Irlande,… n’ont toujours pas récupéré les argents investis dans leurs entreprises et leurs banques et ne récupéreront sans doute jamais leur plein investissement. Un autre graphique du Financial Times que je joins à cet envoi.
Donc, bilan négatif pour les gouvernements européens alors que les contribuables feront les frais de ces sauvetages de leurs banques et de leurs entreprises.
Abordons maintenant le rôle des banques centrales. Quel rôle ont-elles joué dans le sauvetage du système financier?
Eh bien, les banques centrales ont agi en rachetant, à leur valeur nominale, les « hypothèques insolvables » détenues par les banques de détail, par les régimes de retraite, par les investisseurs tel BlackRock et Berkshire Hathaway,…
Ainsi, ces insitutions ont été renflouées non pas par le Trésor mais par les banques centrales qui les ont délesté d’actifs financiers insolvables et dont la valeur avait diminuée lors de l’écrasement du marché immobilier.
C’est ainsi que la FED américaine a gonflé son bilan financier par l’achat de ces « hypothèques toxiques » qu’elle détient encore à l’heure actuelle dans ses livres. Et la FED compte revendre ces hypothèques à des régimes de retraite, des fonds d’investissement,… à un valeur moindre simplement pour « nettoyer » son bilan financier. Il en sera de même pour la BCE européenne et les autres banques centrales qui ont racheté ces hypothèques insolvables.
Bilan pour les banques centrales: des pertes colossales qu’elles devront récupérer dans les années à venir sous forme d’interventions dans les marchés financiers, au détriment des contribuables qui en feront évidemment les frais.
Et, dans tout cela, qu’en est-il du simple citoyen?
Eh bien, pour tous les citoyens qui ont acquis des propriétés alors qu’ils n’en avaient pas les moyens, ils s’en tirent à bon compte p.q. ces résidences ont été « reprises » par les créanciers, sans qu’il ne leur en coûte un seul sou. Et, au pasage, en réhypothéquant leurs résidences durant la bulle financière, ils se sont payés du bon temps au frais du « système »… vacances à l’étranger, achat de yachts,…
Quant aux détenteurs de régimes de retraite ou de placements dans des sociétés financières qui ont acquis ces hypothèques de la part de revendeurs, encore là aucune perte parce qu’elles ont été rachetées, à leur valeur nominale, par les banques centrales.
Mais, pour l’ensemble des citoyens, des pertes importantes qu’ils devront rembourser – au Trésor ou aux banques centrales – via leurs impôts ou via des politiques monéraires qui feront augmenter les taux d’intérêt sur leurs hypothèques actuelles et futures.
Oui, en effet, la crise de 2007 aura profondément bouleversé nos façons de faire et les mesures mises en place par les gouvernements, pour éviter une telle crise à l’avenir, sont en train d’être « diminuées » par le président Trump qui répond aux demandes des grands financiers afin « d’assouplir le système trop rigide… »
Alors, à n’en pas douter, nous verrons à nouveau des crises semblables à celle de 2007 et, déjà, les « Collateralized Loan Obligations (CLO) » ont pris le relais des CDO à l’origine de la crise de 2007…
A lire les deux excellentes analyses proposées par le Financial Times:
US haul from credit crisis bank fines hits $150bn – Financial Times – 2017-08-06
Bailout costs will be a burden for years – Financial Times – 2017-08-08

