Vous souvenez-vous des billets de banque émis par la « Molsons Bank »? (Partie 1 de 3)

Sous titre 1 : le « mystérieux monde » des banques de détail et des banques centrales

Sous titre 2 : pourquoi les gouvernements/banques centrales craignent les cryptomonnaies telles le Bitcoin

Sous titre 3 : heureux sont les actionnaires de la Banque centrale suisse

« Life is easy with eyes closed misunderstanding all you see! »

Que de poésie mais également de réalisme dans les chansons des Beatles, notamment la chanson « Strawberry Fields Forever ». Dans notre quotidien, nous nous employons aux « choses de tous les jours » sans vraiment comprendre (ou être intéressé à) ce qui nous entoure.

Il en est ainsi du merveilleux monde de la finance et, plus particulièrement, du secteur bancaire. Car non seulement les banques de détail (Banque royale du Canada, Barclay’s (Angleterre), Bank of America (Etats-Unis),…) sont des entreprises privées propriétés d’actionnaires mais également nombre de banques centrales sont propriété (en tout ou en partie) d’intérêts privés également. Renversant.

Abordons dans ce premier volet les banques de détail…

Ainsi, les banques de détail avec lesquelles nous transigeons quotidiennement sont des COMPAGNIES (« entreprises ») régies par les lois encadrant les compagnies et, plus spécifiquement, par des lois spécifiques encadrant ce secteur particulier. De telles lois existent dans tous les pays pour encadrer le fonctionnement des banques de détail et en superviser les opérations via une « entité gouvernementale » chargée de s’assurer, par exemple, que les taux de capitalisation sont adéquats, que le niveau de risque associé aux mauvaises créances soit pris en compte dans les « réserves » de la banque et que les dépôts des clients ne soient pas indûment utilisés à des fins spéculatives au bénéfice des actionnaires. Voilà pour la théorie.

Cela étant, dans les faits, tel n’est plus le cas…puisque les administrateurs des banques de détail doivent i) non seulement fournir des services à leurs clients (la raison invoquée dans leurs documents promotionnels) mais ii) surtout et avant tout verser des dividendes à leurs actionnaires en contrepartie des investissements que ceux-ci ont souscrit dans la banque.

A cet égard, force est de constater que les banques de détail « portent deux chapeaux » et l’histoire nous enseigne que, à différentes époques et même si cela était « amoral », elles ont franchi la « ligne rouge » en utilisant les dépôts de leurs clients pour les investir dans des placements spéculatifs ou encore mené des activités « extra bancaires » (hautement lucratives mais plus risquées) au bénéfice de leurs actionnaires mais mettant à risque leur activité première.

Car, il faut bien le reconnaître, ce n’est pas avec les prêts hypothécaires et les prêts à la consommation que les banques sont en mesure de bien rémunérer leurs actionnaires malgré la technique du « fractionnement bancaire » qui leur permet d’utiliser une partie des dépôts de leurs clients à des fins de réinvestissement dans le secteur immobilier ou autre.

Ainsi, suite à la crise financière de 1929, il est apparu évident que les banques de détail, de par la frénésie qui s’était emparée du secteur boursier, avaient investi les dépôts de leurs clients dans des secteurs très risqués et, à toutes fins utiles, dilapidé les avoirs de leurs clients. D’où la faillite de plusieurs banques de détail et la mise en vigueur de mesures pour éviter que, à l’avenir, de tels errements ne se reproduisent.

    

C’est ainsi qu’en 1932, le congrès américain a mis en vigueur la loi dite « Glass–Steagall » confinant dorénavant les banques de détail à la gestion des dépôts de leurs clients et prohibant l’utilisation des dépôts « au-delà d’un seuil raisonnable de risque », le tout sous la supervision d’une « autorité » chargée de surveiller l’applicaiton de la loi. Par ailleurs, cette loi permettait également la mise sur pied de « banques d’affaire » lesquelles étaient autorisées à utiliser les investissements de leurs actionnaires à des fins autres.

De ce fait, Glass-Steagall cloisonnait les activités du secteur bancaire de façon à ce que les causes à l’origine de la crise financière de 1929 ne puissent engendrer de nouvelles crises financières. Ce fut le cas jusqu’à l’abandon des mesures édictées dans la loi Glass-Steagall en 1999, abandon créant les conditions favorables à la crise financière de 2007-2008.

        

Par la suite, conséquence de la crise des subprimes aux Etats-Unis et de la déroute de nombreuses banques de détail (encore une fois), celles-ci étaient renflouées par des fonds publics de façon à éviter l’effondrement du système bancaire. Il s’agit là du- justificatif mis de l’avant par les gouvernements pour lancer des emprunts publics massifs (« dettes ») afin de sauver ces banques de la faillite – mais, surtout, éviter à leurs actionnaires de lourdes pertes en cas de faillite, comme nous l’avons vu lors de la crise financière en Grèce en 2015 et le sauvetage des banques de détail au profit de grands investisseurs euripéens.

C’est ainsi que, dans la foulée de la dernière crise financière, des « demi-mesures » furent mises en place par le congrès américain (loi Dodd-Franck de 2010) afin de compartimenter le secteur bancaire comme ce fut le cas après le krach de 1929, « demi-mesures » qui sont en train d’être minimisées depuis la venue en poste du nouveau président américain.