2018: le « Grand dérangement! »

En ce période de relative quiétude, au-delà de la dinde et des canneberges (« atokas » comme on dit communément), voyons un peu comment se profile l’année 2018… une année qui nous fera vivre un « grand dérangement ».

Car la Federal Reserve Bank (« FED », la banque centrale américaine) s’apprête à entamer une gigantesque « vente de garage » laquelle va requérir une très grande délicatesse pour ne pas déstabiliser les marchés financiers. Rien de moins que de se départir de 4 000 milliards $ d’actifs dans son portefeuille. Des actifs tels des Bons du Trésor américain et des hypothèques résidentielles « subprimes » acquis depuis la crise financière de 2008.

Mais, diantre, comment la FED en est-elle venue à un tel niveau d’actifs dans ses livres? Tout simplement en achetant ces titres durant la crise financière de façon à injecter des liquidités dans le système financier. Parce que, à l’époque, l’économie était « à l’arrêt », plus aucune institution financière ne voulant transiger de peur de se retrouver en situation de non-liquidité et en faillite comme Lehman Brothers. Des actifs acquis à leur valeur nominale même si les hypothèques « subprimes » ne valaient pas leur valeur sur le marché. Cette opération d’achat d’actifs a été qualifiée de « Quantitative Easing » (« QE » dans le jargon) et aura été menée durant 6 années.

Alors, pourquoi ce « délestage » d’actifs induira-t-il des perturbations dans le système financier? Simplement parce que les fonds souverains (Fonds norvégien, Arabie Saoudite, Qatar,…), les gestionnaires de régimes de retraite (CALPERS, OMERS, CDPQ,…), les fonds de couverture (Bridgewater, AQR Capîtal,…), les fonds d’investissement (BlackRock, Berkshire Hathaway,…) et autres vont se précipiter pour acheter des actifs moins risqués mis en vente par la FED.

De ce fait, revendant leurs placements boursiers afin d’y tranférer ces liquidités dans des placements moins risqués acquis à bon prix

De ce fait augmentant/gelant/diminuant les taux d’intérêt sur les nouvelles obligations émises par les gouvernements (et les entreprises), cette vente exerçant une pression à la hausse/gel/baisse sur l’ensemble des taux d’intérêt selon le prix auxquels elles seront mises en vente:

1) une augmentation des taux d’intérêt si elles sont mises en vente à rabais (et une augmentation des dépenses d’intérêt pour tous les débiteurs tel les régimes de retraite déficitaires et les entreprises surendettées) et un ralentissement de l’économie

2) un gel/diminution des taux d’intérêt dans le marché obligatare si elles s’écoulent à parité avec les nouvelles obligations mises en vente par les gouvernements/entreprises et un déficit accru pour les gestionnaires de régimes de retraite en déficit de rendement sur leurs placements.

Voir l’analyse qui nous est proposée dans le Financial Times de ce jour:

Fed risks massive hangover as it begins ‘great unwind’ – Financial Times – 2017-12-27

Voilà, de façon sommaire, comment la liquidation du portefeuille d’actifs de la FED pourrait avoir un effet marqué sur l’économie en 2018 si l’opération de « délestage » n’est pas menée avec soin, une opération de grande envergure délicate puisque jamais dans l’histoire financière une telle opération n’a été entreprise par le passé avec un si fort volume d’actifs mis en vente sur le marché.

Oui, 2018 pourrait être l’année du « grand dérangement » avec des effets dans notre vie de tous les jours.