Les mesures restrictives à l’égard de la Chine s’accentuent : Le président Donald Trump bloque la vente de Qualcomm à la firme singaporienne Broadcom

Dans le second volet de ce qui pourrait s’avérer la mise en place d’une guerre commerciale se dessinant entre les Etats-Unis et ses partenaires, le président Donald Trump bloque la prise de contrôle de la firme américaine Qualcomm par la firme singaporienne de semiconducteurs Broadcom, une prise de contrôle à hauteur de 117 G$ non sollicitée par Qualcomm via une opération de prise de contrôle hostile. Le motif de l’ordre présidentiel bloquant la transaction: sécurité nationale.

C’est ce dont nous informe le journal The New York Times dans une édition rendue publique sur son site:

Trump Blocks Broadcom’s Bid for Qualcomm – The New York Times – 2018-03-12

 

Dans le cas de cette prise de contrôle non sollicitée, les motifs de sécurité nationale sont-ils pertinents?

Il importe de souligner le fait que la firme de semiconducteurs Broadcom est une firme localisée à Singapour mais dont une des entités en mesure d’en exercer un contrôle effectif serait établie aux Iles Caïman, avec des partenaires/actionnaires dont l’identité réelle demeure peu connue. Cet état de fait est mis en évidence dans la directive entérinée par le président et qui est rapportée par les analystes du site Wolf Street:

Trump’s Order Stops ALL Foreign Takeovers of Large US Tech Companies – Wolf Street – 2018-03-12

Mais il y a plus: alors que les nouveaux réseaux de téléphonie haute vitesse 5G sont sur le point d’être déployés à grande échelle, les Etats-Unis craignent – à juste titre – qu’une prise de contrôle des technologies développées par Qualcomm par une entreprise étrangère, aux ramifications incertaines, pourrait faire en sorte de permettre à la Chine de s’accaparer ce nouveau marché et y disséminer des technologies ayant une valeur stratégique évidente.

Bref, en d’autres mots: le risque que la Chine s’accapare un contrôle effectif sur l’ensemble du réseau de télécommunication qui sera déployé dans les années à venir et, ainsi, la doter d’e technologies lui permettant de contrôler le réseau de télécommunication mondial, rien de moins.

Portée de l’ordre présidentiel décrété par le président Donald Trump – Une mesure qui vise la Chine mais qui pourrait être invoquée à l’encontre des partenaires des Etats-Unis

A n’en pas douter, la portée de l’ordre présidentiel va bien au-delà de la transaction entre Qualcomm et Broadcom: elle vise implicitement la Chine en lui interdisant, dorénavant, de s’accaparer des entreprises américaines – et leurs technologies – et, ainsi, exercer un contrôle de plus en plus actif non seulement sur l’économie mondiale mais également sur les infrastructures (électricité, pétrole, informatique, électronique, intelligence artificielle,…) lesquelles sont à la base de nos sociétés développées.

Par ailleurs, il appert que la portée de l’ordre présidentiel pourrait également s’appliquer aux entreprises établies dans les pays partenaires des Etats-Unis, tel qu’en atteste le titre de l’analyse du site Wolf Street:

« Trump’s Order Stops ALL Foreign Takeovers of Large US Tech Companies »

La Chine prépare, sans aucune doute, un plan B pour contourner les obstructions américaines

Faisant suite aux mesures imposées par les Etats-Unis sur l’importation d’acier et d’aluminium et faisant suite à l’ordre présidentiel de proscrire toute acquisition, par des entreprises étrangères, d’une entreprise américaine dont les technologies pourraient avoir un rôle stratégique, il est assuré que la Chine va mettre en place un plan d’action visant à contourner ces restrictions, généralement sous forme de sociétés établies en territoire américain mais dont le contrôle effectif sera subordonné aux impératifs chinois.

A cet égard et selon la stratégie retenue par Broadcom, en incorporant au Delaware une « société sur papier », dont le contrôle effectif se situera à l’étranger, sera de nature à contourner la juridiction du CFIUS (« Committee on Foreign Investment in the United States« ) et permettre l’acquisition d’entreprises à technologie avancée par des entreprises étrangères.