Hausse du prix du pétrole: reprendre de la main gauche ce que l’on donne de la main droite…

S’agissant du maintien et de la croissance des emplois aux Etats-Unis, une chronique récente parue sur le site CNN Money nous informe de la suppression de 1 500 emplois à l’usine GM située en Ohio, après la suppression de deux quarts de travail mise en place dans les années précédentes.

GM cutting 1,500 jobs at Ohio plant amid falling demand for small cars – CNN Money – 2018-04-13

La raison: la diminution des ventes de la Chevrolet Cruze alors que les ventes de véhicules VUS ne cessent d’augmenter depuis la crise financière de 2008-2009 et que les ventes de véhicules automobiles « standards » sont à la baisse:

 

Ainsi, durant la dernière année, le tableau suivant publié dans le quotidien Wall Street Journal est indicatif de l’évolution récente des ventes automobiles dans le marché américain, alors que les ventes de véhicules automobiles sont en nette régression et que les ventes de camions légers et VUS connaissent une hausse marquée:

La raison à l’origine de ce virage dans les habitudes de consommation des Américains: une baisse marquée du prix du pétrole depuis 2014 et, notamment, l’effondrement des prix survenu en 2016…

 

alors que la hausse récente du prix du pétrole résulte d’une diminution des inventaires présents en 2016 depuis la mise en place des mesures de contingentement décrétées par les pays membres de l’OPEP et par la Russie afin de revenir au niveau prévalant en 2014:

 

Alors, à l’évidence, General Motors n’a pas d’autres choix que de diminuer et d’ajuster la production de ses véhicules automobiles (son modèle Cruze en particulier) aux conditions du marché qui prévalent en ce moment.

Et cela, peu importe les mesures protectionnistes décrétées par le président Donald Trump intimant aux entreprises de maintenir et de créer des emplois aux Etats-Unis: « Money Talks » selon l’adage que les financiers mettent de l’avant depuis toujours…

Reprendre de la main gauche ce que l’on donne de la main droite…

Il est à prévoir que les hausses récentes du prix du pétrole auront une incidence sur les revenus des ménages américains alors que ceux-ci ont bénéficié d’allégements fiscaux résultant du budget adopté par le Congrès récemment.

Ainsi, une chronique publiée sur le site du magazine Financial Times indique, selon une compilation des analystes, que l’augmentation du prix du pétrole ajoutera une dépense supplémentaire de 400 $, en 2018, sur les revenus des ménages américains par rapport aux dépenses encourues en 2016 à ce titre:

Rising fuel costs erode benefits of Trump tax cut – Financial Times – 2018-04-17

Apprendre du passé

Alors, la question qui se pose à ce moment-ci: et si le prix de pétrole se haussait à plus de 100 $ le baril, comme cela était le cas entre 2011 et 2014, alors que les prix négociés pour les livraisons en juin prochain se transigent à 73,96 $ le baril?

Oil Extends Rally Before OPEC Meeting After U.S. Stockpiles Fall – Bloomberg

Mais, surtout, si le prix du pétrole atteignait le niveau des prix prévalant avant la crise financière de 2008-2009 – une hausse due à la spéculation induite sur le marché par la firme Goldman Sachs -, ne verrait-on pas la genèse d’une nouvelle crise financière puisque la flambée des prix du pétrole avait été l’un des déclencheurs de cette crise, les ménages n’étant plus en mesure de faire face tant aux remboursements de leurs hypothèques « subprimes » que d’assumer les coûts pour l’essence dans leurs VUS grands consommateurs de pétrole?