Le « surplus » que les Etats-Unis préfèrent taire… et la rebuffade de la chancelière Merkel à l’égard de Trump

Dans la guerre commerciale tous azimuth qui se matérialise entre les Etats-Unis et la Chine, selon les indications de Donald Trump, les Européens ne seront pas en reste, avec des mesures tarifaires qui seraient énoncées dans les prochaines semaines/mois. Mesures qui s’ajouteraient aux tarifs imposés sur l’importation d’acier et d’aluminium en provenance des pays européens et visant, notamment, l’importation de voitures sur le territoire américain.

Or, selon la chancelière Angela Merket, les arguments invoqués par le président américain au motif des restrictions imposées sur l’importation de produits dans le marché américain s’avèrent des arguments « d’un autre âge »…

Le « surplus » que les américains préfèrent taire…

Ainsi, dans les arguments mis de l’avant par les Etats-Unis au motif d’imposer des sanctions à l’importation de produits venant de l’étranger, l’argumentation ne porte, essentiellement, que sur les biens produits à l’étranger et importés sur le sol américain. Avec les importants déficits allégués par les autorités américaines.

Or, il s’avère que le commerce mondial, pris dans son ensemble, se doit de tenir compte également des « services (professionnels ou autres) » échangés entre les pays et, également, du fait que nombre de produits ayant une « étiquette américaine » – iPhones, tablettes électroniques -, quoique produits dans des pays tiers, sont revendus à profit dans les marchés à l’extérieur des Etats-Unis et contribuent, de ce fait, au PIB américain et à l’enrichissement des citoyens américains.

Ainsi, la Deutsche Bank a produit une analyse qui tient compte non seulement des échanges de biens mais également des « services » ainsi que des produits américains « consommés » dans des pays tiers, via des filiales de sociétés américaines, au bénéfice de ces dernières. Et l’analyse énonce un constat surprenant: à l’échelle mondiale, les Etats-Unis bénéficieraient d’un surplus de 1,4 T$ (1 400 milliards de dollars), rien de moins:

The $1.4 Trillion U.S. ‘Surplus’ That Trump’s Not Talking About – Bloomberg – 2018-06-11

 

 

Et, en ce qui concerne plus spécifiquement les échanges entre la Chine et les Etats Unis, ces derniers enregistreraient un surplus de 80 G$ malgré les fortes exportations de produits originaires de Chine sur le marché américain:

 

Ainsi, force est de constater que, malgré l’importation massive de produits fabriqués à l’étranger sur le sol américain, les Etats-Unis demeurent encore aujourd’hui bénéficiaires de l’ensemble des échanges commerciaux à l’échelle mondiale. Par ailleurs, si la guerre commerciale s’intensifie tant avec la Chine qu’avec les pays européens, ces derniers pourraient imposer davantage les revenus des filiales américaines établies sur leurs territoires afin de compenser les pertes engendrées par les mesures protectionnistes mises en place par les autorités américaines.

La chancelière Merkel inflige une rebuffade à Donald Trump

Ainsi, dans le cadre d’une rencontre tenue avec des gens d’affaire, la chancelière Angela Merkel s’est permis de rappeler à l’ordre Donald Trump qualifiant de « old fashioned » son appréciation du commerce à l’échelle mondiale:

Merkel Calls Out Trump, Citing Services Surplus With Europe – Bloomberg – 2018-06-12