En ce moment, la France négocie avec General Electric pour racheter la filiale et les technologies détenues par Geast suite à la cession de la division Turbines par Alstom à General Electric en 2014. Il s’agit des turbines grande puissance les plus performantes qui soient et qui servent à produire l’électricité dans les centrales nucléaires et à bord des porte-avions / sous marins à propulsion nucléaire.
Mais, comment en est-on venu à vendre une telle technologie française « unique » aux Américains sous la présidence de François Hollande et avec l’accord et sous la gouverne du Secrétaire général adjoint à l’Élysée Emmanuel Macron, alors en poste ? Un peu d’histoire pour bien situer le contexte de l’époque…
Alstom : « virtuellement » mise en faillite par le département américain de la Justice
Il est de notoriété publique que nombre d’entreprises faisaient – et font toujours – des lobbys auprès de gouvernements étrangers pour leur vendre leurs produits. Et, dans plusieurs cas, avec des « incitatifs » à la portée de dirigeants corrompus…
Ainsi, après avoir été mis en examen par le département américain de la Justice pour malversations financières, Alstom a été condamnée à verser une amende de 772 M$ US pour des actes de corruption en Indonésie et en Arabie Saoudite :
https://investir.lesechos.fr/actu-des-valeurs/la-vie-des-actions/alstom-amende-de-772-mlns-aux-usa-dans-le-dossier-de-corruption-1687629
Il importe de préciser que, dans ce genre de dossier, les États-Unis imposent l’extraterritorialité de leurs lois – i.e. appliquent des lois américaines à des entités situées à l’extérieur du territoire américain – au motif de s’assurer que les entreprises étrangères respectent les lois de l’Organisation mondiale du commerce – et que, selon certaines allégations, des plaintes squi résultent d’entreprises américaines voulant mettre en faillite un concurrent ou encore le racheter à petit prix…
[A noter que, durant les dernières années, une enquête similaire avait été initiée à l’encontre d’Airbus mais le dossier a eu un dénoument heureux avec une forte pénalité de 3,6 G€ dont la majeure partie a été versée à l’organisme français chargé d’enquêter sur la corruption et non pas versée aux autorités américaines.
A voir l’excellente analyse présentée sur le site ARTE :
https://www.arte.tv/fr/videos/093798-000-A/la-bataille-d-airbus/
A voir également l’excellent documentaire produit par Canal+ sur le site Youtube :
Une demande d’enquête suite à une plainte sans doute formulée par Boeing…]
Et c’est ainsi que, en 2014, à court de liquidités, Alstom a été contrainte de vendre sa filiale ayant développé la turbine Arabelle ainsi que son pôle Energie à General Electric, le tout avec l’assentiment d’Emmanuel Macron qui aurait pu choisir de capitaliser Alstom pour éviter une vente à rabais aux américains.
Voir les dessous du dossier de la vente des actifs d’Alstom dans cette analyse proposée par Le Figaro :
https://www.lefigaro.fr/societes/pourquoi-la-vente-controversee-d-alstom-a-general-electric-fait-a-nouveau-parler-d-elle-20190724
La France « navigue à vue » dans le rachat de la filiale Geast de General Electric et de la technologie des turbines Arabelle
En vue d’une éventuelle relance de la production nucléaire en France et en vue de s’assurer que l’entretien des turbines déjà installées dans ses centrales ne soient soumis au bon vouloir du gouvernement américain, la France a entamé des discussions en vue de racheter la filiale Geast dont les activités se déroulent à Belfort :

La turbine Arabelle développée par Alstom et aujourd'hui propriété de Geast filiale de General Electric

Emmanuel Macron en visite à l'usine de Belfort
Mais le ré-achat de la filiale Geast ne sera pas sans embûches…

Les Américains en position d’imposer leurs conditions à la cession de la filiale Geast de General Electric
« Selon « les Echos », le rapatriement sous pavillon français des activités nucléaires de General Electric est freinée par les sanctions américains liées à la guerre en Ukraine. Un gros caillou dans la chaussure d’Emmanuel Macron qui avait autorisé en 2014 la vente des très stratégiques turbines Arabelles, avant de décider de les racheter huit ans plus tard. »
https://www.marianne.net/politique/macron/rachat-des-turbines-arabelle-la-france-nen-finit-plus-de-payer-lerreur-de-macron
Et l’article du magazine Marianne d’ajouter :
« C’est une erreur stratégique majeure dont la réparation prend des allures de chemin de croix. En 2014, alors qu’il était conseiller puis ministre de François Hollande, Emmanuel Macron donnait le feu vert à la vente par Alstom, fleuron français du nucléaire, d’une partie de ses activités dans l’énergie à son concurrent, l’américain General Electric. Cette cession intervenait dans un contexte très particulier. »
Bref, les 56 réacteurs nucléaires en opération en France sont toujours soumis aux diktats imposés par les États-Unis alors que certaines turbines doivent être fabriquées pour être exportées à Rosatom, l’entreprise nucléaire russe sous sanction américaine…
https://www.marianne.net/economie/economie-francaise/nucleaire-comment-general-electric-a-americanise-les-turbines-francaises-arabelle
Une saga à suivre !