Hydro-Québec renouvelle (en toute discrétion) le financement d’un laboratoire de recherche en Aquitaine (France)

C’est dans la plus grande discrétion que le PDG d’Hydro-Québec renouvelait le financement d’un laboratoire de recherche, localisé en Aquitaine (France), orienté vers le développement et la mise au point des nouvelles batteries LiFePo (lithium-fer-phosphate) pour une période additionnelle de 3 années. Une reconduction confirmée en décembre dernier lors de sa visite aux installations de Chemstart’Up, comme en témoigne cette rubrique du journal République des Pyrénées:

Batteries et stockage d’energie – A Lacq Hydro-Quebec ne lache pas l’affaire – Republique des Pyrenees – 2017-12-07

 

Il importe de préciser le fait que cette nouvelle technologie a été mise au point à l’IREQ (Centre de recherche d’Hydro-Québec de Varennes) et qu’il s’agit d’une technologie prometteuse destinée à augmenter l’autonomie des véhicules électriques. Cette reconduction du financement d’un laboratoire de recherche et de développement a également été soulignée dans un communiqué de presse émis par Hydro-Québec:

La Nouvelle-Aquitaine en pointe sur les batteries du futur et le stockage d’energie – 2017-12-07

Alors, la question que cela soulève: pourquoi transférer à l’étranger le développement et la mise au point d’une technologie aussi prometteuse issue de nos laboratoires de recherche?

Hydro-Québec: échec des technologies développées par ses chercheurs et ses ingénieurs

Plusieurs se souviennent – avec amertume – de l’échec lamentable associé à la technologie du projet moteur-roue de l’IREQ, une technologie de pointe et qui était porteuse d’emplois nombreux et d’un développement économique important pour le Québec. Force est de constater que, 25 années plus tard, les avancées de cette technologie ont été comblées par les autres fabricants et que, au surplus, Hydro-Québec n’a jamais été en mesure d’en promouvoir la commercialisation ou de s’associer à des partenaires susceptibles de lui assurer un avenir.

Est-ce à dire que, dans le cas de la technologie LiFePo, le Québec va à nouveau assister à la fabrication et à la commercialisation d’une technologie issue de la recherche à l’IREQ, ailleurs qu’au Québec?

Est-ce qu’Hydro-Québec va, de surcroît, laisser tomber » la technologie LiFePo à l’image de la technologie FePo (fer-phosphate) également développée dans ses laboratoires?

La firme chinoise BYD « s’inspire » de la technologie FePo sans compensation pour Hydro-Québec

Pour tous ceux qui oeuvrent dans le secteur des véhicules électriques et des batteries commercialisées à ce jour, plusieurs estiment que la firme chinoise BYD s’est « inspirée » de la technologie FePo développée dans les laboratoires de l’IREQ pour commercialiser des autobus électriques qui sillonnent les routes en Chine, en Europe, aux Etats-Unis, au Canada et au même au Québec, tel que rapporté dans cette chronique de la Société de transport de Montréal (STM):

STO & STM Fiche technique autobus BYD

Le tout sans verser aucune royauté et, surtout, sans qu’Hydro-Québec n’exerce les recours afin qu’une juste compensation lui soit versée pour rétribuer les fonds publics investis dans le développement de cette technologie.

La technologie LiFePo: la technologie d’avant-garde qui augmentera l’autonomie des véhicules électriques

Les dernières avancées technologiques mises au point par l’équipe du Dr. Karim Zaghib de l’IREQ (un des scientifiques les plus influents à l’échelle mondiale Karim Zaghib d’Hydro-Quebec parmi les scientifiques les plus influents du monde – Hydro-Quebec – 2016-03-03) laissent entrevoir un avenir prometteur pour cette technologie à nouveau issue de nos laboratoires.

Ce qui soulève la question suivante: quel est l’intérêt pour Hydro-Québec (et pour le Québec) de confier le développement et la commercialisation future de la nouvelle technologie LiFePo à un laboratoire situé à l’étranger?

Hydro-Québec et son laboratoire de l’IREQ: un avenir incertain

il importe également de souligner le fait que, s’agissant de son centre de recherche IREQ situé à Varennes, un centre initié en 1965 par feu le Dr. Lionel Boulet, l’IREQ a constamment été à l’avant-garde des nouvelles avancées technologiques, que cela concerne le projet moteur-roue, la recherche en fusion nucléaire Tokamak (abandonné par Hydro-Québec en 1998) et, aujourd’hui, du développement des batteries pour les voitures électriques du futur.

Cela étant et tel que le note un commentaire du journal Les Affaires, après « une nouvelle et une autre réorientation de ses activités et de ses mandats », l’IREQ semble « flotter entre deux eaux » et présente un avenir incertain, sans doute la conséquence d’une gestion parcimonieuse de la part de son PDG qui préfère investir dans des laboratoires de recherche situés à l’étranger…

Hydro-Quebec – A deux pieds dans le futur, les yeux rives sur le passe – LesAffaires

 

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