Pour bien connaître une entreprise, visiter son stationnement…

Dans un monde où nous sommes ensevelis par les nouvelles, il devient de plus en plus difficile de faire la part des choses. « Fakes News », articles de presse « télécommandés » par des intérêts financiers ou politiques avec la complicité de journalistes peu compétents ou bénéficiant d’avantages « externes », analyses biaisées ou peu étoffées, voilà l’univers nouveau auquel nous sommes confrontés.

Ajoutons à cela des nouvelles qui nous sont transmises « en continu » et il devient difficile de discerner le portrait d’ensemble (« big picture« ), cela requérant une analyse approfondie des enjeux difficilement compatible avec le flot incessant de nouvelles qui nous sont transmises en continu. D’où l’importance d’aller au-delà de l’instantanéité et, notamment, de rechercher sur des sites « alternatifs » des points de vue « alternatifs » afin d’obtenir un éclairage « contrarian », comme on le décrit dans le jargon anglophone.

C’est ainsi que, en matière financière, des médias tel le Financial Times, Bloomberg et le New York Times relaient l’information émanant du secteur de la finance avec peu d’analyses approfondies proposées à leurs lecteurs. Et de là la nécessité de consulter des sites alternatifs tel Wolf Street où des analyses rigoureuses sont proposées aux lecteurs, permettant d’apprécier la justesse des informations transmises par les grands médias. Par ailleurs, s’agissant du secteur de l’énergie, ces médias ainsi que l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et l’ « Energy Administration Administration (EIA) » américaine nous renvoient une vision « orientée » pour les intérêts en jeu. Alors que des sites tel Energy Matters d’Euan Mearns et The Oil Drum nous présentent des alternatives fort bien documentées.

Il en est de même en matière géopolitique et cela s’avère un motif supplémentaire pour consulter des sites « réfléchis » dont le site Geopolitical Futures, animé par le très célèbre analyste George Friedman, réputé pour ses points de vue « éclairants » sur les grands enjeux mondiaux.

Il était une fois… une visite dans une entreprise allemande

Il y a plusieurs années, George Friedman relate une visite alors qu’il est invité à rencontrer les dirigeants d’une société très prospère dont le gratin financier vantait la solidité et les belles perspectives de croissance. Celle-ci était situé en Allemagne et il est bien connu que, d’une façon générale, les entreprises allemandes sont bien gérées avec toute la rigueur que cela commande. Ainsi, ses premiers contacts locaux le furent avec le secteur financier, les banquiers et, à l’évidence les dirigeants de la société. Et tous ces acteurs, à travers des rapports fort bien documentés, des présentations « éclatantes » et le superbe aménagement des bureaux, témoignaient de la bonne tenue de l’entreprise et des perspectives futures « solides » pour les investisseurs. Soit.

Cela étant, au-delà de ces rencontres avec les hauts dirigeants, afin de bien mesure la réalité de tous les jours, son « instinct » l’a amené à visiter le stationnement où étaient garés les véhicules de l’entreprise – principalement des BMW – mis à la disposition du personnel et des cadres. Et de s’attarder plus spécifiquement à l’état des pneus équipant les véhicules. Alors, pourquoi s’attarder à l’examen des pneus? Simplement par le fait que, si une entreprise éprouve des difficultés financières, afin de préserver sa notoriété, investira coûte que coûte pour présenter un environnement de prestige et maintenir un parc automobile témoignant de sa prospérité. Alors que, si elle éprouve des difficultés, là où les dépenses seront supprimées le sera dans un secteur « moins apparent » soit l’entretien des véhicules et, plus particulièrement, dans l’entretien des pneumatiques.

Ainsi, un examen des pneumatiques des véhicules a révélé le fait que, pour nombre d’entre eux, ils présentaient un niveau d’usure très élevé et, dans certains cas, des pneumatiques ayant dépassé les limites d’utilisation. Voilà qui donnait un aperçu tout à fait contraire aux prétentions des dirigeants de l’entreprise. Un point de vue « contrarian » qu’en a déduit George Friedman dans son analyse de la situation et dans ses recommandations aux futurs investisseurs.

Le point de vue exprimé par George Friedman ne conclut pas sur la situation qu’a connu l’entreprise par la suite mais nous incite à regarder au-delà de la « nouvelle du jour » et des points de vue « intéressés » exprimés par l’intelligentsia financière et politique:

Traveling Geopolitically – George Friedman – Geopolitical Futures – 2018-04-25