Alors que d’aucun déplorent la stupidité, l’arrogance et l’incompétence de nos dirigeants politiques et financiers – que ce soit au niveau international, fédéral, provincial et, surtout, municipal -, voilà que deux grands humanistes nous ont quitté récemment. Des personnalités qui ont façonné notre monde et qui nous ont légué des « principes de vie inspirants » pour nos sociétés.
Anthony Bourdain (1956-2018)
Le célèbre Chef cuisinier et grand humaniste Anthony Bourdain a mis fin à ses jours récemment et son départ a été décrié par tous ceux qui l’ont cotôyé. Surtout, par les téléspectateurs abonnés à ses émissions phares Parts Unknown et No Reservations. De véritables anthologies sur nos sociétés et les gens « ordinaires » qui façonnent un monde meilleur par leurs gestes de tous les jours.

Ainsi, à travers ses émissions cultes diffusées sur CNN, non seulement nous introduisait-il aux coutumes culinaires des pays en visite mais, surtout, à travers ses échanges avec les « gens », nous faisait découvrir la réalité de la vie de tous les jours chez ces personnes, en y incluant les dimensions politiques locales – bien sûr – mais également le contexte socio-culturel dans lequel ils évoluaient. Des émissions à contenu tellement « riche en humanité » que l’astronaute Scott Kelly en suivait les diffusions du haut de la station spatiale internationale.

De plus, évoluant hors des sentiers battus, cela lui avait valu de couvrir le quotidien et la réalité de la communauté sadomasochiste de Tokyo et même de proposer un repas « simple » en compagnie de l’ex-Président américain Barack Obama dans un restaurant de Hanoi, capitale de l’ex-ennemi juré des américains.

Une courte biographie d’Anthony Bourdain nous est proposée sur le site BioWikis:
Anthony Bourdain Bio – BioWikis
Et une biographie plus complète nous est proposée aur le site Wikipédia:
Le départ d’Anthony Bourdain sera, a nul doute, une grande perte pour tous ceux épris de justice, de coopération et de respect entre les nations.
Bernard Lewis (1916-2018)
Une autre figure importante nous a quitté durant les dernières semaines: Bernard Lewis, historien et « intervenant politique » dans tout ce qui concerne le proche et le moyen orient, alors qu’il a entrepris des études orientales dans le cadre de sa formation universitaire terminée en 1939. A ce titre, il est devenu une référence en ce qui concerne l’Islam, l’empire ottoman et les peuples/civilisations qui ont essaimé au proche et au moyen orient depuis 2 000 ans.
Ainsi, à travers ses études et ses échanges « sur le terrain », il a été en mesure de profiler les causes de l’extinction de l’empire ottoman et les causes/fondements du recul de la civilisation arabe, alors largement en avance des civilisations européennes pendant un millénaire.

Cette connaissance encyclopédique de la réalité ottomane et du monde arabe l’ont amené à devenir conseiller privilégié auprès des autorités turques, jordaniennes, israéliennes et tout l’ensemble du proche et du moyen orient.

Bernard Lewis participant à un échange entre le Secrétaire général de la Ligue arabe Amr
Moussa et le Ministre turc des Affaires étrangères Ismail Cem en 2002

Le Roi Hussein de Jordanie et le Premier ministre Yitzhak Rabin après la signature du traité de paix entre
les deux pays en 1994, Bernard Lewis collaborant au rapprochement entre les deux nations en guerre

Bernard Lewis honoré par le Président George W. Bush pour sa
contribution à l’avancement de la paix dans le monde
Une analyse approfondie de la contribution de Bernard Lewis à l’avancement de l’humanité nous est livrée dans ce témoignage publié dans la revue Foreign Affairs, une contribution s’étalant sur plus de 7 décennies:
The Conflicted Legacy of Bernard Lewis – Martin Kramer – Foreign Affairs – 2018-06-07
Il est indéniable que le départ de Bernard Lewis s’avère également une grande perte pour tous ceux ayant à coeur le respect et la bonne entente entre les nations, dans un monde orienté vers le repli sur soi, la mysogénie et l’omnipotence du capital financier sur le devenir de toutes les communautés dans le monde.