Alors, vous me direz, c’est quoi un RPV? Une nouvelle souche bactérienne importée d’un pays lointain? Aucunement et, pour tous ceux qui vivent dans des régimes autoritaires, une protection pour leur vie privée.
Récemment, je me suis rendu au Bangladesh pour des projets en cours et, comme lors de mes voyages précédents, j’ai tenté d’uitiliser un service VoIP pour faire mes appels téléphoniques, par internet, à très faible coût. Mais, voilà, au Bangladesh, les autorités ont interdit le fonctionnalité VoIP ce qui fait qu’on doit utiliser un service local de téléphonie. Beaucoup plus cher, me direz-vous, et un inconvénient pour les voyageurs de passage mais, somme toute, pas un frein à la liberté d’expression et celle de se connecter à des sites internet à étranger.

Mais, en Chine, les autorités ont toujours pris soin de « contrôler la population » et, pour éviter des « infections venant de l’étranger », eh bien interdisent Facebook, Google et nombre d’autres sites d’information. Au prétexte, bien sûr, d’élininer le chaos social en évitant que la population ne soit « intoxiquée » par de la propagande venue d’ailleurs… Mais, au moins et jusqu’à ce jour, les ressortissants pouvaient installer sur leurs appareils un logiciel RPV qui permet de contourner les barrières internet mises en place par le gouvernement. Comment fonctionne un réseau RPV?
Eh bien, chaque appareil branché sur l’internet peut se connecter à un site web en utilisant une « porte » prévue à cet effet, la porte « 80 » ou « 8080 » telle que définie par les créateurs de l’internet. C’est ainsi que votre appareil transmet ses demandes à un site (i.e. serveur) sur le réseau internet et le serveur répond à votre demande sur votre porte « 80 ». Evidemment, il est assez aisée, pour une agence de renseignement, « d’écouter les conversations » sur la porte « 80 » et, ainsi, avoir accès aux informations que vous échangez.
Ainsi, depuis l’affaire Snowden (en fait, bien avant), les utilisateurs qui voulaient assurer la confidentialité de leurs échanges se connectaient sur des sites web en utilisant la fonctionnalité RPV, ce qui créait, dans les faits, un réseau privé où les échanges sont sécurisés et ne peuvent être « écoutées ». Par ailleurs, un réseau VPN sert également à une entreprise pour sécuriser la transmission des informations entre ses différents sites localisés dans divers pays. Dans les faits, un réseau RPV est un « réseau privé à l’intérieur du réseau internet « public » ».
C’est ainsi que la Chine va, bientôt, interdire l’utilisation de RPV sur son territoire. Avec la conséquence que les ressortissants chinois n’auront plus accès à des sites d’information tel Facebook, New York Times, Le Monde,… pour obtenir des informations non censurées sur ce qui se passe en Chine et à l’étranger.
Mais, surtout, pour les entreprises qui mènent des affaires en Chine, eh bien tous leurs secrets industriels, tous les échanges d’informations d’affaires pourront être interceptées par les autorités qui s’en serviraient pour avantager les entreprises chinoises propriété du gouvernement. Evidemment, elles pourront dorénavant « crypter » les informations mais tout cela va complexifier les échanges d’information pour les entreprises étrangères établies en Chine.
Et ce n’est pas tout: la Russie s’apprête également à interdire les réseaux RPV sur son territoire et on comprend mal les motifs au soutien de cette décision. Serait-ce une façon pour le président Poutine d’assoir son autorité sur les citoyens russes en contrôlant les médias et la circulation des informations?
Je vous invite à consulter un articles sur le site du magazine ZdNet: