« World trade order in a wobble as Washington snubs WTO status quo »

Un article très intéressant qui vient de paraître sur Reuters à l’effet que notre « bon ami Donald Trump » s’apprête à « foutre un bordel incroyable » dans tout le système qui régit le commerce mondial. Rien de moins que de « neutraliser » l’Organisation mondiale du commerce (OMC) parce que, selon son point de vue, c’est un orgamisme « sans valeur » et qui, plus spécifiquement, impacte négativement le commerce mondial… du point de vue des intérêts des Etats-Unis, bien évidemment. Tout comme il dénonçait les Nations Unis, durant sa campagne électorale et au début de son mandat, pour la louanger par la suite… quand l’organisation a appuyé une résolution à l’avantage des Etats-Unis.

Ainsi, l’OMC, mise en place après la seconde guerre mondiale pour « policer » les échanges commerciaux et éviter que certains pays ne concurrencent, de façon déloyale, des producteurs d’autres pays par des subventions favorisant leurs entreprises, a bien servi les intérêts de tous les pays et assuré un formidable développement économique pour tous les pays et, notamment, les Etats-Unis, « maîtres » du commerce mondial jusqu’à l’avènement du bloc européen – Allemagne, France, Italie, Espagne,… – et, surtout, du géant chinois qui venaient jouer dans ses plate-bandes.

Cela étant, la donne a changé et la présence de grands blocs commerciaux, assumant une place prépondérante dans le commerce mondial, vient contrecarrer les intérêts des Etats-Unis qui veulent, à ce moment-ci, « changer les règles du jeu » pour reprendre l’avantage sur la patinoire. C’est ainsi que les américains entendent renégocier les principes à la base du fonctionnement de l’OMC pour mettre en place de nouvelles règles, notamment l’introduction de clauses « protectionnistes » permettant de taxer à l’importation, au gré de leurs intérêts, certains produits et de subventionner des secteurs d’activité répondant à des impératifs nationaux.

La première approche consiste à invoquer des règles de « sécurité nationale » pour imposer des tarifs à l’importation de certains produits, ce qui est contraire aux principes régissant le commerce mondial. A l’évidence, ils veulent pénaliser la Chine en imposant des tarifs à l’importation de l’acier et de l’aluminium, tout comme ils l’ont fait récemment pour l’imporation de panneaux solaires fabriqués en Chine et vendus sur le marché américain à bon prix.

Dans ce cas, il est bien évident que tant la Chine que d’autres pays vont invoquer des clauses de « sécurité nationale » pour imposer des tarifs à l’importation de produits fabriqués aux Etats-Unis, en représaille aux entraves que comptent mettre en place les américains. Une première entorse aux règles du commerce mondial qui risque de « foutre le bordel » dans tous les échanges commerciaux globaux et réinstituer des tarifs à l’imporation qui vont freiner le commerce mondial et rendre plus dispendieux les produits qui seront importés. A ce propos, lire l’excellente analyse qui nous est proposée par Reuter:

https://www.reuters.com/article/us-global-economy-outlook/world-trade-order-in-a-wobble-as-washington-snubs-wto-status-quo-idUSKBN1E91GY

La seconde stratégie pour « mettre à genoux l’OMC » consiste à bloquer la nomination de juges qui jugent les différends soumis à l’arbitrage. Ainsi, le tribunal est constitué de 7 juges dont 3 juges doivent siéger sur le banc pour entendre les causes à débattre. Aujourd’hui, 4 juges n’ont toujours pas été remplacés à la fin de leurs mandats – véto des américains pour la désignation de nouveaux juges en remplacement de ceux qui ont déjà quitté – et un des juges, dont le mandat se termine en 2019, a laissé entendre qu’il pourrait quitter ses fonctions sous peu. Ce qui veut dire, en clair: le tribunal ne pourra plus siéger faute d’un nombre suffisant de juges pour arbitrer les dossiers, conséquence du blocus américain envers l’OMC pour la forcer à adopter de nouvelles règles régissant le commerce mondial.

Mais, ce n’est pas tout.

En ce qui concerne l’Aléna, une importante réunion doit se tenir en début d’année afin de « convaincre » le Canada et le Mexique d’adopter de nouvelles règles régissant les échanges commerciaux nord-américains, encore là pour mieux avantager les intérêts américains. Et la menace à peine « voilée » du président américain à l’effet qu’il pourrait mettre fin unilatéralement à l’entente, dès le début de l’année, si le dossier n’avance pas de manière « significative ». En appliquant la période de 6 mois prévue dans l’entente pour y mettre fin, cela amènerait le Canada en septembre-octobre prochain dans un marché américain fermé à l’exportation de ses produits… juste à temps pour l’élection à venir au Québec en octobre 2018.

Bref, en conclusion, si le président Trump et les réformateurs républicains parviennent à leurs fins en 2018, c’est tout le commerce nord-américain et tout le commerce mondial qui risquent de retourner à « l’âge de pierre »… à l’époque du « chacun pour soi ».

Alors, comme disait mon beau père, « vaut mieux avoir pas mal de cordes de bois en réseve parce que les temps à venir s’annoncent durs… »