Pour poursuivre mes commentaires relativement aux échanges bilatéraux entre le Canada, les Etats-Unis et le Mexique dans le cadre de l’Aléna, le début de l’année 2018 sera déterminant quant à la poursuite de cette entente commerciale dans l’avenir: à moins d’obtenir une renégociation « substantielle » de l’accord pour favoriser davantage les entreprises américaines, le président Donald Trump menace tout simplement d’abolir l’entente au cours de l’année.
Or, dans tout cela, qui dit vrai? Est-ce que les Etats-Unis sont à ce point les grands perdants de cet accord? Evidemment, le président Trump cite le contentieux du bois d’oeuvre + les exportations en énergie (pétrole, gaz naturel) pour forcer une renégociation de l’entente entre le Canada et les Etats-Unis, au prétexte que ces secteurs défavorisent à outrance les entreprises américaines.

Cela étant, il n’y a pas que ces secteurs qui justifient une réouverture de l’entente et il faut considérer tout l’ensemble des échanges commerciaux avant de dresser un bilan final de la situation. A cet égard, le magazine Business Insider dresse un bilan des imports/exports de chacun des états américains vs ses partenaires canadiens et mexicains:
http://www.businessinsider.com/state-and-country-trade-maps-2015-7
Et l’analyse démontre le fait que, pour l’ensemble des états américains, le marché canadien est nettement plus « positif » que les importations provenant du Canada, d’où un bilan avantageux pour ces états dans leurs échanges bilatéraux avec le Canada (voir graphique joint à cet envoi).


Alors, que conclure de tout ceci?
Eh bien, si on n’examine le dossier que sous l’angle du bois d’oeuvre et des exportations énergétiques du Canada vers les Etats-Unis, eh oui le président Trump a raison. Mais que, par ailleurs, si on examine le tout en prenant en considération l’ensemble des secteurs, alors là son analyse est biaisée et tendancieuse, à tout le moins,
Cela étant, pas de crainte à avoir pour le Canada: nous avons en Justin Trudeau un politique de grande expérience et de grande prestance qui saura infléchir le président américain et lui faire entendre raison.
Mais, y croyez-vous réellement?
Et quel sera le bilan, pour le Québec, si le président Trump met fin à l’entente peu avant les élections d’octobre prochain?
[Note: s’agissant de nos exportations en énergie, ne pas oublier le fait que, avant le développement du secteur pétrole/gaz de schiste aux Etats-Unis, nos sources d’énergie assuraient une indépendance énergétique pour les Etats-Unis et qu’ils étaient très heureux de disposer d’un voisin avec des sources d’énergie permettant de satisfaire leurs besoins en énergie et de maintenir les prix à des niveaux raisonnables.
Or, aujourd’hui que la production de schiste est prépondérante aux Etats-Unis, eh bien on fait reproche au Canada d’abuser de ses exportations en énergie, une pratique qui serait déloyale envers le secteur énergétique américain…
Comme quoi, ce qui était bien, hier, ne l’est plus aujourd’hui…]