Il est toujours intéressant de faire une vigie sur ce qui se passe dans les autres pays et dans les autres capitales. Cela s’avère un grand enseignement sur les leçons qu’on peut en tirer et sur les voies de développement à privilégier pour assurer le développement de nos communautés. Le Québec aurait tout intérêt à s’inspirer de telles pratiques mais nous n’avons pas en place les politiques suffisamment « allumés » pour en tirer de telles leçons. J’y reviendrai plus loin.
Ainsi, le World Economic Forum nous présente une analyse fort intéressante sur les capitales et les pays qui ont su amorcer un virage nécessaire pour les positionner dans les grandes capitales mondiales. Et Shenzen est une telle capitale…
https://www.weforum.org/agenda/2017/11/inside-shenzhen-china-s-gadget-capital

Ainsi, cette analyse nous présente le cas de Shenzen, un ancien village dont les activités étaient centrées vers la pêche, qui a su devenir au cours des 20-30 dernières années rien de moins que la capitale mondiale de l’électronique. Epoustouflant!
Et l’analyse nous révèle le fait que, parmi les 15 grandes capitales amenées à marquer de façon déterminante la croissance de leur PIB, 9 de celles-ci sont chinoises: aucune n’est canadienne et encore moins québécoise. Par ailleurs, le cas de Shenzhen est très « éducateur »: comment un simple village dont l’activité était axée spécifiquement sur la pêche a-t-il su devenir, en peu de temps, la capilale mondiale de l’électronique? Il y a là des enseignements dont on devrait s’inspirer, au Québec, pour orienter différemment nos politiques économiques.

Car, il faut bien le reconnaître: Montréal et le Québec se situent, aujourd’hui, dans le « peloton de queue » parmi l’ensemble des économies développées. A preuve?
Simplement la constatation à l’effet que, si un géant mondial tel Bombardier a dû vendre sa division aéronautique à Airbus pour 1 $ afin de la « sauver de la faillite » et que sa division ferroviaire ne fait plus le poids face à des conglomérats industriels chinois, européens, japonais, coréens,…, force est de constater que nous ne pourrons plus jamais nous situer dans les « ligues majeures » des états et des pays qui occuperont une position de leader dans les années à venir.
Et j’ajoute à cela la vente de Maxx (important fabricant beauceron de matériel sanitaire cédé à une firme américaine), SoftImage (développement de logiciels graphiques cédée à Microsoft), DMR (géant de la consultation informatique cédé à la japonaise Fujitsu) et tous les autres. Sans oublier, dans le secteur des services, la cession de Rona à des intérêts américains et la cession de Provigo à des intérêts ontariens dans le domaine de la distribution alimentaire.
Bref, le « Québec Inc. » qui avait pris son envol dans les années 60-70-80, fier de ses réalisations et confiant dans l’avenir, a fait un « atterrissage d’urgence » qui le positionne, aujourd’hui, parmi l’ensemble des capitales régionales ayant peu d’impact sur les grandes avancées technologiques, industrielles et financières pour les 10-30 prochaines années.
A cela, on rétorquera le succès manifeste d’Ubisoft et des entreprises oeuvrant dans le domaine du jeu vidéo mais ne pas oublier que, lorsqu’on examine le bilan financier de ces entreprises, le profit généré par celles-ci est essentiellement égal… aux contributions reçues du gouvernement! Ce qui revient à dire que, sans les contributions gouvernementales, ces entreprises n’auraient généré aucun profit lequel, par ailleurs, est redistribué à des actionnaires européens. Ce qui revient également à dire que les dividendes versés aux actionnaires européens proviennent des coffres de l’état québécois!
Alors, quelle solution pour Montréal et le Québec, hormis d’accueillir le futur siège social d’Amazon?
A l’évidence, la réponse n’est pas simple mais il faut bien constater le fait que, si on ne porte pas une réflexion approfondie sur les enjeux en cours et en dégager des axes porteurs pour l’avenir, eh bien Montréal deviendra une capitale régionale à l’image de Cleveland, Mumbai, Montpelier,…
Alors, est-ce là ce qu’on souhaite pour l’avenir de Montréal et celui du Québec? A tout le moins, tant que nous choisirons nos dirigeants parmi l’ensemble politique qui s’affiche aujourd’hui, les décisions marquantes et courageuses ne verront pas le jour de sitôt.
A quand un « Jean Lesage II » qui suara inspirer et galvaniser la génération actuelle comme ce fut le cas avec Jean Lesage qui a su mettre en marche la Révolution tranquille à un moment déterminant pour le Québec?
A quand le virage « brusque et déterminant » qui nous sortira de notre léthargie actuelle?