Le Président Trump et la Corée du Nord

Depuis plusieurs mois et quelques années, la situation de la Corée du Nord inquiète de plus en plus tant ses voisins immédiats (Japon, Philippines, Taiwan, Indonésie,…) que les Etats-Unis eux-mêmes. Dans ce dernier cas, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, ils assurent la libre circulation des biens, à l’échelle mondiale, notamment par leur puissance maritime qui s’étend sur toutes les mers du monde. Et le développement économique des pays du G7 et du G20 a été rendu possible par cette libre circulation des biens, à la base du commerce mondial tel que nous le connaissons depuis 70 années.

Or, la Corée du Nord s’avère un pays dont les politiques sont imprévisibles. Soutenue par la Chine à la fin de la seconde guerre mondiale, les nord-coréens ont entrepris de conquérir la Corée du Sud afin d’y implanter la « voie à suivre », ce qui a résulté dans la guerre de Corée qui a partitionné la Corée depuis ce temps.

Alors, pourquoi ce matin discuter de la Corée du Nord et du président Trump, en cette période estivale plus propice au BBQ et au farniente que de se soucier de ce qui se passe si loin de nous? Eh bien parce qu’il se dessine une zone d’afrontement (militaire et économique) et que, à mon avis, le président Trump n’est pas en mesure de prendre les bonnes orientations. N’oublions pas que Donald Trump, homme d’affaire ayant bâti son empire financier par des faillites et des menaces de faillite, est du type « binaire » (« c’est noir ou c’est blanc »). Et le problème de la Corée du Nord ne peut résolu de cette façon: « Tu t’alignes ou je te fais la guerre »!

In China a Strategy Born of Weakness – George Friedman – Geopolitical Futures – 2017-07-12

Ainsi, le président Trump veut faire de la Chine un partenaire pour régler durablement le problème coréen. Et multiplie les rencontres et les promesses de collaboration avec le président Xi Jinping afin de le convaincre d’agir « avec force et détermination » pour neutraliser la Corée du Nord. Or, le président Xi n’en fera rien…

Ainsi, dans une excellente analyse qui nous est proposée par George Friedman dans sa chronique Geopolitical Futures, on y démontre le fait que, pour la Chine, la Corée du Nord est une « zone tampon » (« buffer zone ») qu’elle tient à conserver afin de la prémunir contre d’éventuelles « forces hostiles » tout près de sa frontière. N’oublions pas que, de tout temps, les puissances dominantes ont toujours eu à coeur de créer des zones tampons à cet effet: l’ex-URSS qui avait comme zone tampon la Pologne, la Roumanie, la Bulgarie,… pour la protéger de l’OTAN et de l’Europe de l’Ouest, l’Europe de l’Ouest qui utilisait ces mêmes pays comme zone tampon vs l’URSS, l’Amérique du Nord qui a les deux océans comme zones tampons, l’Inde et la Chine qui ont érigé une zone tampon (« Cachemire ») entre ces deux puissances émergentes,…

Or, pour la Chine, la Corée du Nord s’avère une zone tampon qui la « protège » de la Corée du Sud, un pays qui a conclu un accord de protection militaire avec les Etats-Unis. Et, en cas d’effondrement de la Corée du Nord, eh bien des équipements militaires américains seraient installés à la frontière immédiate de la Chine, ce qu’elle ne saurait tolérer.

Tout cela pour conclure que l’approche « binaire » du président Trump ne mènera à rien et que la Chine va poursuivre sa politique de non-intervention dans le dossier de la Corée du Nord, au grand dam des américains qui n’hésiteront pas à l’affrontement militaire avec la Corée du Nord pour résoudre ce « problème », avec toutes les conséquences que cela aurait sur la géopolitque et l’économie mondiale.

This photo taken on December 24, 2016 shows the Liaoning, China’s only aircraft carrier, sailing during military drills in the Pacific.
Taiwan’s defence minister warned on December 27 that enemy threats were growing daily after China’s aircraft carrier and a flotilla of other warships passed south of the island in an exercise as tensions rise. / AFP / STR / China OUT (Photo credit should read STR/AFP/Getty Images)

Espérons que cela ne surviendra pas mais, avec un président aussi peu expérimenté en géopolique et qui, de surcroît, a une approche « binaire » du monde, rien n’est assuré.

Je vous invite à consulter l’excellente analyse de George Friedman sur le sie GEopolicital Futures en suivant ce lien:

https://us11.campaign-archive.com/?e=f1b1b54755&u=781d962e0d3dfabcf455f7eff&id=179bfab105