Ce matin, une chronique du magazine ZDNet nous apprend qu’une mine abandonnée en Finlande deviendra un gigantesque centre de données (« Data Center ») de 13 millions de pi2, baptisé le « Lefdal Mine Datacenter ».

Cette conversion d’une mine désaffectée en centre de données a déjà été réalisée dans d’autres pays et les entreprises qui y installent de tels centres y trouvent leur compte: espace d’emménagement déjà « construit », conditions climatiques constantes et à basse température ambiante, facilité de climatiser l’enceinte,…
Alors, pourquoi aborder cette thématique dans ma chronique de ce jour? Simplement parce que le Québec, en panne de projets technologiques et industriels, possède tous les atouts pour devenir un « centre de stockage de donnnées » de calibre mondial pour peu que nos dirigeants – politiques – s’emploient enfin à promouvoir des dossiers à développement économique structurant.
Ainsi, nous savons tous que les marchés d’exportation d’Hydro-Québec, en Ontario, dans le Vermont, dans l’état de New York,… sont de moins en moins rentables. Cela est dû à l’abondance de gaz naturel – de schiste – lequel permet de construire des centrales électriques et de les mettre en service en moins d’une année. A titre d’exemple, récemment, dans l’état de New York, 10 000 MW de production d’électricité ont été mis en service en une seule année et ces centrales viennent compétitionner, à faible coût, les prix d’Hydro-Québec proposés sur ces marchés d’exportation. Et ce 10 000 MW représente tout de même 25% de la capacité totale de production d’électricité d’Hydro-Québec. Cette compétition nouvelle de centrales alimentées au gaz naturel explique en partie la chute des bénéfices d’Hydro-Québec sur ces marchés malgré des volumes d’exportation de plus en plus importants.
Ainsi, la question qui se présente à nous: alors qu’Hydro-Québec dispose de surplus d’électricité dont elle ne sait quoi faire, pourquoi ne propose-t-elle pas à des entreprises qui aménagent des centres de données des tarifs incitatifs pour qu’elles s’intallent chez nous et, accessoirement, permettre d’écouler les surplus d’électricité dont Hydro-Québec ne sait que faire?
Car, ne l’oublions pas: les centrales hydroélectriques qui produisent cette électricité excédentaire ont été construites, à grand frais, pour des marchés d’exportation. Alors que, aujourd’hui et bien souvent, elles « tournent à vide », ne produisent plus d’électricité mais nous obligent néanmoins à assumer le paiement des dettes contractées pour les aménager.
En conclusion, il me semble tellement évident que nous avons là une « mine de revenus » incroyable alors que le PDG d’Hydro-Québec, néophyte dans le domaine de l’énergie, s’entête à chercher de nouveaux revenus sur des marchés déjà saturés.
Mme Anglade et M. Couillard, plutôt que de vendre les avions d’Hydro-Québec à une « startup » qui veut développer une entreprise aérienne régionale – à la condition qu’en plus, le gouvernement du Québec investisse dans la réfection des aéroports régionaux de Matane, de Baie-Comeau,…, à nos frais bien sûr -, pourquoi ne pas proposer à la population des projets économiques structurants plutôt que d’aller combattre des « moulins à vent » éphémères?
Voir l’article qui traite de l’aménagement de la mine « Lefdal Mine Datacenter » sur ce lien:
http://www.zdnet.com/…/photos-inside-vast-abandoned-mine-se…