Brexit : Et si l’Angleterre s’en allait droit sur un mur de béton…

Comme vous le savez sans doute, le Royaume-Uni (« UK », c’est-à-dire le bloc constitué de l’Angleterre, de l’Écosse, de l’Irlande du Nord et du Pays de Galles) a décidé de quitter l’Europe suite au référendum tenu l’an dernier sur ce dossier. Et, en mars dernier, la Première ministre Theresa May a officiellement avisé les instances européennes du retrait du Royaume-Uni de l’Europe, avec prise d’effet dans 2 années.

Or, depuis ce temps, il y a eu une élection au Royaume-Uni et Theresa May a perdu sa majorité au parlement; embêtant quand tu t’apprêtes à entamer des discussions sur ton « divorce » alors que tu te retrouves en position de faiblesse, devant composer avec les demandes « tous azimuths » provenant de l’Écosse, de l’Irlande du Nord, de ceux qui veulent demeurer dans l’Europe, de ceux qui veulent un divorce « à la dure », du secteur financier qui ne veut pas perdre accès au marché européen… Bref, une situation chaotique à peu près impossible à gérer.

A noter que les discussions sur le divorce seront extrêmement complexes: maintenir – ou non – l’union douanière (ce qui évite de longs délais à gérer les douanes et des frais de gestion), maintenir – ou non – l’union économique et monétaire, la question de la juridiction de la Cour européenne de justice, la délimitation des zones de pêche entre l’Europe et le Royaume-Uni, l’accord nucléaire qui permet au Royaume-Uni de maintenir en opération des centres de recherche et des centrales nucléaires, les droits des citoyens européens demeurant au Royaume-Uni, les droits des britanniques demeurant dans l’Europe… Bref, un problème d’une complexité inouïe qui doit se finaliser en mars 2019…

Ainsi, les négociations sur le divorce ont débuté mais, hormis la première rencontre protocolaire, la première « vraie réunion de négociation » a débuté en début de semaine. Elle n’aura duré que 15 minutes, le temps pour le négociateur britannique de serrer la main à son homologue européen et de reprendre l’avion, subito presto, pour regagner le parlement britannique en vue d’un vote au parlement. Bref, pas une façon très sérieuse de débuter des discussions extrêment complexes alors que l’interlocuteur britannique trouve mieux à faire que de discuter avec son homologue européen.

Mais, surtout, ce qui a fait le tour des médias, c’est la non-préparation des négociateurs britanniques à cette première rencontre.

A preuve une photo que je joins à cet envoi et qui démontre que les négociateurs européens avaient, bien en évidence sur la table de travail, déposé leurs dossiers alors que leurs homologues britanniques, eux, n’avaient rien déposé sur la table… pas très sérieux pour des gens qui doivent, en théorie, négocier un divorce « avantageux » avant le 30 mars 2019…