Hier, le site d’analyse financière Wolf Street, reprenant une nouvelle parue dans le Wall Street Journal, nous apprenait que le fonds d’investissement EnerVest (un fonds de placement spéculatif ayant investi dans des gisements pétroliers/gaziers rejetés par d’autres producteurs) pourrait ne plus rien valoir aujourd’hui. Et que la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) y subirait une perte à hauteur de 100 M$, rien de moins.
Wolf Street de titrer:
« $2-Billion Private Equity Fund Collapses to almost Zero.
Worst PE-fund collapse ever. The oil bust just keeps on giving. »
La firme d’investissement EnerVest est en activité depuis 1992 dans le secteur de l’énergie et, en 2013, lançait un fonds d’investissement « spécialisé », des gestionnaires de régimes de retraite, principalement, y investissant 2 G$ dans la mise en exploitation de gisements abandonnés par les « majors ». De plus, les administrateurs du fonds, en mettant en garantie ces actifs, ont pu lever un financement addiditonnel de 1,3 G$, par effet de levier sur leurs actifs (« leverage »).
Il faut dire que l’aventure, à l’origine, s’avérait intéressante parce que, à ce moment-là, le pétrole américain atteignait des sommets inégalés et que, de plus, les entrées d’argent (i.e. « cash flow ») étaient constantes et importantes. Mais, toute belle histoire a une fin.
Ainsi, depuis 2 ans, le prix du pétrole a dégringolé et les forages mis en production par EnerVest se sont avérés nettement improductifs. Avec la conséquence que l’on peut deviner: les investissements dans ce fonds « spéculatif » ne valent, aujourd’hui, plus rien et la CDPQ, comme nombre d’autres régimes de retraite, y perdra des sommes importantes.
Evidemment, on pourrait blâmer la caisse d’investir dans des placements aussi spéculatifs mais, en tout état de cause, il ne faut pas la blâmer pour cette perte: à cause des faibles taux de rendement sur ses placements obligataires (0-4%) et, dans la mesure où la caisse doit afficher un rendement global de 6-8% pour maintenir les rentes aux régimes de retraite qu’elle administre, elle n’a pas vraiment d’autre choix que d’investir ses avoirs dans des placements plus risqués, encourant des pertes importantes à l’occasion.
Je vous invite à lire l’excellente analyse disponible sur le site Wolf Street, des analystes financiers autrement plus « avertis » que les analystes de nos quotidiens financiers.