Vous vous souvenez sans doute de ce film de James Bond (Golden Eye) où l’ex-agent 006 des services secrets de Sa Majesté, abandonné par ses pairs, décide de se venger de la perfide Albion?
Eh bien avec l’aide de la talentueuse (et superbe) Xenia Onatopp, il s’empare des codes de contrôle d’engins nucléaires mis en orbite par l’URSS pour anéantir les puissances occidentales. En faisant détonner les engins nucléaires dans l’espace et en focalisant la puissante onde électromagnétique qui en résulte (Impulsion Electro-Magnégique (IEM) (« Electro-Magnetic Pulse EMP » en anglais) sur Londres, il assouvira sa vangeance tout en ayant détourné des milliards de $ dans les minutes qui précèdent la détonation.
Parce que l’IEM va non seulement détruire tout le matériel électronique et informatique dans la région de Londres (ordinateurs, téléphones, tablettes,…) mais également effacer toutes les transactions financières juste avant la détonation, ce qui fait que le forfait ne sera jamais connu, les mémoires des ordinateurs ayant été effacées et ceux-ci détruits par l’IEM. Crime parfait!
Evidemment, il échouera dans sa tentative mais cela illustre un risque mis en évidence dans la revue The Economist et dans le Daily Mail en ce qui concerne la Corée du Nord. Car, nul doute que, si Kim Jong-un décidait de faire exploser un engin nucléaire au-dessus de l’Amérique du Nord, finie l’hégémonie américaine et des années de misère à venir.
http://www.dailymail.co.uk/news/article-4849506/How-North-Korean-EMP-attack-cripple-electric-grid.html
Car, non seulement une explosion IEM détruirait tout le matériel électronique et informatique que nous et les entreprises utilisons à tous les jours mais elle détruirait également tout le matériel servant à produire, transporter et distribuer l’électricité: les transformateurs exploseraient, les disjoncteurs et leur appareillage de contrôle seraient mis hors fonction,… En résumé, avant de rebâtir tout le réseau électrique nord-américain, des années sans électricité tellement la tâche serait colossale… Voilà donc le scénario mis en évidence par The Economist et qu’on doit prendre au sérieux.
Ainsi, avec dans une telle situation, les économies des Etats-Unis et du Canada seraient hors circuit et pour longtemps. Ce qui fait que la Chine, puissance émergente, deviendrait de facto la première puissance financière et militaire dans le monde et serait en mesure d’imposer ses dictats à l’ensemble des pays occidentaux. Mais, bien sûr, les chinois ne permettront jamais qu’une telle chose se produise et vont, tôt ou tard, « neutraliser » le dirigeant coréen. Vraiment? Et si cela ne servait pas leurs intérêts? Car les chinois auraient pu « discipliner » Kim Jong-un depuis longtemps mais n’ont aucun intérêt géostratégique à le faire.
Simplement parce que la Corée du Nord, de par son territoire et le contrôle qu’elle exerce sur son leader, lui sert de tampon (« buffer ») pour décourager toute tentative extérieure d’envahir son territoire. C’est ce que tente de faire la Russie avec l’Ukraine, à l’instar de plusieurs grandes puissances, dans le passé, qui ont procédé de même pour maintenir leur pouvoir et leur hégémonie. C’est « pratique courante » pour toute puissance dominante d’agir ainsi, que l’on parle de l’empire Austro-Hongrois, de l’empire Ottoman,…
Alors, pour la Chine, agir de façon à amener le remplacement de Kim Jong-un par un nouveau dirigeant et risquer que celui-ci ne fasse alliance avec les occidentaux pourrait lui faire perdre son « buffer » et contrevenir à ses intérêts géostratégiques d’aujourd’hui.
En conclusion, la seule voie de sortie pour l’Amérique du Nord serait que ledit missile soit abattu au-dessus du Pacifique sans entraîner de détonation nucléaire au-dessus de notre territoire.
Espérons que ce sera le cas car si un tel scénario se produit…

