« Can You Really “Shut Down” a Nuclear Power Plant before a Hurricane? »

Ce qui est fascinant avec internet – dès le tout début bénéficiant de la « connexion » de l’IREQ bien avant sa diffusion dans le grand public -, c’est toute l’information qu’on y retrouve. Une vraie encyclopédie en ligne et, avec des engins de recherche efficaces, l’information est assez facile à trouver.

Oui, bien sûr, il y a beaucoup de « fausses informations » sur internet et la difficulté consiste à séparer « le bon grain de l’ivraie ». Parce que nombre de contributeurs, ayant des connaissances limitées ou étant mal intentionnés, y soumettent des informations non fondées ou, encore, relaient des informations erronées reçues d’ailleurs, créant et propageant des « légendes urbaines » auxquelles le grand public adhère par la suite…

Revenons donc à l’intitulé de cette chronique, à savoir: A l’approche d’un ouragan, peut-on vraiment mettre hors fonction une centrale nucléaire pour la rendre sécuritaire durant la tempête? Eh bien, il semble que non malgré les nouvelles (« fake news ») issues par les autorités…

Ainsi, les experts Leonard Hyman et William Tilles publient, sur le site Wolf Street, une analyse des modes de fonctionnement des centrales nucléaires et des options de mise en veilleuse (« shutdown ») à la disposition des opérateurs.

En ce qui concerne les centrales nucléaires, elles ont 5 modes d’opération, le « mode 5 » étant le mode d’opération d’une centrale à pleine capacité et le « mode 1 » étant celui d’une centrale mise en arrêt de production pendant qu’on remplace le combustible par du nouveau combustible, par exemple.

Or, en pérode d’ouragans ou de fortes tempêtes, elles sont mises en opération en « mode 4 », soit un mode où elles produisent à pleine capacité avec des génératrices diesel en opération prêtes à prendre le relais pour alimenter la centrale en cas de bris du réseau électricique.

Car les centrales nucléaires, en tout temps, doivent assurer le fonctionnement des pompes destinées à refroidir le coeur du réacteur ainsi que les matériaux radioactifs « usés » entreposés après avoir servi comme combustible. Et les pompes sont alimentées, elles, par de l’électricité provenant du réseau électrique auquel les centrales sont raccordées, une forte demande en électricité nécessaire pour alimenter les pompes…

Ainsi, en cas de forte tempête ou d’ouragan, le réseau électrique est généralement détruit et ce sont les génératrices diesel qui doivent alimenter les pompes de refroidissement et cela, parfois, durant plusieurs jours… Et, jusqu’au rebranchement de la centrale au réseau électrique, s’il y a défaillance des génératrices diesel, catastrophe…

Parce que 2 scénarios peuvent se produire dans le cas où les génératrices ne peuvent assurer le fonctionnement des pompes jusqu’au retour du réseau électrique: explosion due à la formation d’hydrogène dans le coeur du réacteur ou explosion due à une surpression de vapeur dans le réacteur (l’explosion nucléaire à proprement dite exclue p.q. cela ne peut pas se produire dans de tels réacteurs).

Ainsi, dans le cas de Fukushima, explosion due à une bulle d’hydrogène qui s’est formée dans le réacteur tandis qu’à Tchernobyl, explosion due à une surpression de vapeur.

La conclusion de tout cela: il est faux de prétendre qu’on peut mettre une centrale nucléaire en mode « veilleuse » et que rien ne peut survenir durant un ouragan. Cela dépend essentiellement du fonctionnement des génératrices d’urgence et de la rapidité avec laquelle la centrale sera rebranchée au réseau électrique par la suite.

Et, dans la mesure où la demande en électricité est importante pour assurer le fonctionnement des pompes hors réseau électrique, alors les risques de catastrophe sont loins d’être négligeables…

Can You Really “Shut Down” a Nuclear Power Plant before a Hurricane?