Lors de sa visite à Washington il y a quelques mois, le conseiller indien à la sécurité nationale, Ajit Doval, a déclaré au secrétaire d’État Marco Rubio avec une franchise inhabituelle : l’Inde n’avait aucune intention de se laisser intimider et était parfaitement disposée à attendre la fin du mandat de l’administration Trump si nécessaire.
Un message clair à l’effet que l’Inde n’entendait pas céder au chantage de Donald Trump – droits de douane fixés à 50 % et autres conditions exigées à la conclusion d’une entente de libre échange – et qu’aucune entente ne serait conclue tant que l’administration américaine démontrerait une attitude aussi belliqueuse envers l’Inde :

Et, peu après l’annonce d’imposition de tarifs douaniers à hauteur de 50 %, le Premier ministre Narendra Modi répondait à Donald Trump… non pas de façon belliqueuse ou hargneuse… tout simplement ignorant Donald Trump et refusant ses appels… et en participant à une rencontre le 31 août avec Vladimir Poutine & Xi Jinping pour discuter échanges commerciaux trilatéraux…


Bref une rebuffade cinglante mais… cordiale et musclée… adressée à Donald Trump et à son émissaire Marco Rubio !
L’Europe a tracé la ligne. L’Inde l’a fait respecter_
L’Inde choisit de faire alliance… avec l’Union européenne
Il y a deux semaines, l’accord commercial Union Européenne-Inde a été signé. Et on constate aujourd’hui une application réciproque des termes de l’entente. Ainsi l’Inde répond – discrètement, mais délibérément – en respectant les sanctions imposées par l’Union européenne, notamment en matière de contrôle maritime et de lutte contre les activités de la flotte clandestine. C’est ainsi qu’elle arraisonne 3 pétroliers appartenant à la flotte clandestine russe et conviant son pétrole à destination des raffineries établies en Inde.
Et pourquoi l’Inde a-t-elle choisi de rejoindre la clan occidental – européen – en procédant à la saisie des navires transportant du pétrole russe?

Simplement parce que, dans le cadre de l’accord commercial conclu avec l’Europe, celle-ci a choisi de ne pas imposer l’alignement de l’Inde avec ses propres décisions – à savoir bloquer le transit de pétrole russe – par la force. Elle a préféré investir son capital politique à bon escient, i.e. l’invitant à sanctionner là où c’était nécessaire mais choisissant de négocier là où c’était possible.
Ainsi l’Europe commence à récolter les fruits de la diplomatie précisément parce qu’elle a résisté à la tentation de l’intimidation et s’est attelée à la tâche plus ardue d’influencer les résultats.

Et l’Europe a réussi ce résultat remarquable parce qu’elle a présenté un front uni et agi comme une véritable puissance commerciale :
Le jour ou l’Europe a agi comme une puissance – The Concis – 2026-01-27
L’Inde choisit de faire alliance avec l’Europe… en minimisant la portée de son entente avec les États-Unis


Une entente de libre échange entre l’Inde et les États-Unis passée… sous silence… alors que les États-Unis étaient contraints d’abaisser les droits de douane les faisant passer de 50 % à… 18 %… dans la foulée de l’entente conclue entre l’Inde et l’Union européenne… contraints de se plier aux conditions de l’Inde pour ne pas perdre la face…

Pourquoi l’Inde ne celebre pas l’« accord » de Trump – The Concis – 2026-02-03
Mais, à l’évidence, les relations entre l’Inde et les États-Unis ne seront plus basées sur la confiance dans l’avenir…

Une entente de libre échange entre l’Inde et l’Union européenne qui va bien au-delà d’une stricte entente commerciale…