L’approche multi-vectorielle de Mark Carney : renforcer l’OTAN et la mettre à l’abri des diktats américains
« Mais l’hésitation [ndlr: Keir Starmer] comporte ses propres risques. Lorsque la puissance militaire dominante de l’alliance commence à considérer la géographie et les engagements sécuritaires comme négociables, les conséquences deviennent incontrôlables. Les discours ouverts sur l’annexion du Groenland et les pressions exercées sur l’Ukraine pour obtenir des concessions territoriales ne sont pas un simple bruit de fond ; c’est un signal. Une fois cette logique normalisée, la question de savoir « qui sera le prochain ? » cesse d’être rhétorique.
C’est dans ce contexte que Carney évolue. »
Carney s’oriente vers une OTAN a l’epreuve du temps – The Concis – 2026-02-17
Ainsi, Mark Carney est de plus en plus amené à intervenir à l’échelle mondiale pour, d’une part, briser l’étau imposé par Donald Trump à l’ensemble des pays et, d’autre part, redéfinir les axes qui mettront le développement économique futur – et les besoins en matière de défense – à l’abri des impératifs des grands blocs financiers.
Le Canada désormais admis dans le club sélect SAFE
Le progamme d’armement militaire « Agir pour la sécurité de l’Europe » SAFE « Security Action for Europe » adopté par la Commission européenne – en vue de réarmer sérieusement l’Europe face aux velléités de la Russie et face au désengagement américain à défendre le continent européen – a amené les élus à adopter un budget de développement d’armement à hauteur de 150 milliards d’euros.
Ce programme verra une remilitarisation de la production d’armement en Europe visant tous les axes de défense, notamment la production de systèmes de défense anti-missiles et le développement de drones pour juguler toute intention d’envahir le territoire de l’Union européenne.
En l’espèce, il s’agit d’un budget et d’un programme européen dans lequel les États-Unis ne peuvent interférer pour imposer des conditions qui leur sont avantageuses au détriment des besoins exprimés par l’Europe en matière de défense.
https://www.consilium.europa.eu/fr/policies/safe
Or, Mark Carney a réussi à négocier la participation du Canada dans ce club très sélect d’investissement militaire dont les entreprises canadiennes – Bombardier, CAE,… – sauront bénéficier dans l’avenir.
Et, d’une façon collatérale, permettre au Canada de s’approvisionner en matériel militaire à moindre coût qui ne soit pas soumis au véto que pourraient exercer les États-Unis sur ses exportations au Canada.

252 milliards $ en matériel de défense échappent aux États-Unis
Combien font 108 + 86 + 58 milliards de $ ? 252 G$
Alors que les partisans de Trump prônaient l’isolationnisme, ridiculisaient la mondialisation et dénigraient les alliés stratégiques des États-Unis, eh bien ceux-ci ont décidé… de dépenser leur argent – pour l’armement – ailleurs qu’aux États-Unis. Il s’agit de :
- l’Allemagne
- l’Inde
- le Japon
soit les troisième, quatrième et cinquième économies mondiales qui tournent le dos aux États-Unis.
Ainsi Boris Pistorius, ministre allemand de la Défense, tient de plus en plus un discours autonomiste – européen – en matière de défense, rejoignant ainsi le langage employé par le président français Emmanuel Macron : souveraineté, indépendance et autonomie stratégique. Quant à l’Inde, la tentative – avortée – de Donald Trump de l’asservir à ses impératifs tarifaires l’éloignera durablement des États-Unis en matière de fourniture pour son armement futur.
Et, dans le cas du Japon qui attend la livraison de son armement avec un retard de plus de cinq années :

Trois economies, 252 milliards de dollars, un message clair a Washington – The Concis – 2026-02-01
L’Europe se distance des États-Unis en matière de matériel de défense
« Certaines lignes ont été franchies et ne peuvent plus être remises en place«
Ursula von der Leyen
Après la tentative de Donald Trump de s’emparer du Groenland, l’Europe vise à moins dépendre des États-Unis pour son armement, suite aux diktats et aux volte-faces démontrés par Donald Trump depuis sa venue en poste à la présidence américaine :


Au surplus, en matière de services de renseignements nécessaires à la conduite d’opérations militaires modernes, par la mise en place de son système de géolocalisation Galileo – pendant du système américain GPS, du système russe Glonass et du système chinois BeiDou -, l’Europe est en mesure de briser ses liens de dépendance envers les Américains, comme l’ont péniblement vécu les Ukrainiens lorsque les États-Unis ont désactivé leur système GPS et coupé la transmission d’informations stratégiques à l’Ukraine :


Ainsi, dès que les Américains eurent cessé la transmission d’informations essentielles aux Ukrainiens pour les inciter à accepter les conditions imposées par la Russie, la France a déployé ses AWACS et ses rafales pour des patrouilles étendues alors que les Britanniques se sont joints aux Français pour, ensemble, collecter et transmettre des données directement aux systèmes ukrainiens.
Une situation et un chantage que n’auront plus à vivre les Européens dans l’élaboration de leurs stratégies futures…
L’Europe se distance des États-Unis en matière de services et de services financiers
En 2022, les Européens ont pris acte de la décision de Visa et Mastercard de mettre fin instantanément à la desserte de services financiers en Russie. Sur simple demande des autorités américaines :


https://www.geezerwise.com/p/europe-just-fired-visa-and-mastercard
Cela étant, si les États-Unis contrôlent les systèmes de paiement en usage en Europe, ils sont en mesure de sanctionner tout individu qui s’oppose à ses intérêts spécifiques, comme ce fut le cas avec les 6 juges et 3 procureurs de la Cour pénale internationale dont les cartes de crédit furent annulées et leurs comptes Amazon et Google fermés :
D’où l’initiative européenne de lancer un système de paiement « strictement européen » Wero qui regroupe 48 millions d’utilisateurs et est supporté par 16 institutions financières majeures en France, en Belgique, en Allemagne, aux Pays-Bas,…

Les banques européennes lancent Wero pour concurrencer Visa et Mastercard – Taipei Times