En ce jour, le journal La Tribune fait état d’une décision adoptée par le nouveau ministre « environnementaliste dirige tout » Nicolas Hulot, au nom du gouvernement français: à partir de 2040, plus aucune voiture à essence ou diesel ne sera vendue en France. Voilà qui est bien et qui envoie le signal que les véhicules électriques sont la « voie de l’avenir », surtout avec des prix de plus en plus incitatifs à l’achat de tels véhicules.

Mais, pourtant, tout n’est pas rose… et là, c’est l’ingénieur en production et en transport d’électricité qui se permet un commentaire peu élogieux.
Parce que, deux jours plus tôt, le ministre a annoncé la fermeture de 17 centrales nucléaires alors que les 58 centrales en opération produisent 75% de toute l’électricité consommée en France.
Il est bon de préciser que les réseaux électriques européens sont interconnectés et, ainsi, l’électricité est échangée entre les pays selon la consommation du moment, les excédents et insuffisances des autres,… Bref, la fourniture électrique, en Europe, est stable parce que chacun des pays est en mesure de faire face à sa « propre demande interne de base » et, au besoin, « dépanner » des voisins qui éprouvent des difficultés.
Or, en fermant 17 réacteurs nucléaires prochainement, la France va se retrouver dans l’incapacité de faire face à ses « besoins de base » et devra donc recourir systématiquement à ses voisins pour répondre à ses besoins en électricité. Au surplus, si tout le parc automobile est converti à l’électricité, diantre où trouver l’électricité pour assurer non seulement les besoins actuels mais, en plus, les besoins électriques nouveaux issus de tous ces véhicules à recharger quotidiennement?
Cela étant, l’Angleterre, la Belgique, l’Espagne, l’Allemagne,… peinent à répondre à leurs propres besoins et ne disposent donc pas de « surplus systématiques et continus » à rendre disponibles à d’autres de leurs voisins, notamment la France.
Alors, cela soulève la question suivante: des décisions stratégiques à saveur « environnementale » ne sont-elles pas de nature à mettre la France en situation de « dépendance énergétique » systémique, alors que l’approvisionnement et la fourniture en énergie, dans tout pays, s’avère un enjeu stratégique?
Ainsi, il me semble que, au nom d’une mesure environnementale souhaitée par plusieurs, des décisions aux conséquences stratégiques majeures sont en train d’être mises en application sans mesurer les risques que cela fait courir à tous les consommateurs et, surtout, aux besoins en électricité dont l’industrie dépend pour exporter à l’étranger.
Un peu de bon sens, M. Hulot, svp!
Voir l’article de La Tribune sur le lien suivant: