Une récession bientôt à l’horizon?

Dans une précédente chronique, je vous faisais part du fait que les banques centrales (FED américaine, BCE européenne, Banque d’Angleterre,…) s’apprêtaient à hausser leurs taux d’intérêt afin de diminuer les « liquidités » en circulation dans le marché financier et éviter un emballement de la croissance, ce qui se traduirait par une inflation au-delà de 2%. Et, pour confirmer cette orientation nouvelle, la Banque du Canada a annoncé une hausse de son taux d’intérêt hier, une première depuis sept ans.

Or, qui dit hausse du taux d’intérêt implique forcément des taux hypothécaires plus élevés pour les nouveaux acquéreurs ou ceux qui renouvellent leur financement. Idem pour les entreprises qui contractent de la dette afin de financer de nouveaux aménagements. Avec comme effet collatéral: les conmmateurs hésiteront davantage avant d’acheter une nouvelle propriété ou encore les entreprises reporteront à plus tard leurs investissements. D’où un risque plus grand de ralentir l’économie et d’entrer en récession. Mais cela n’est pas tout.

Ainsi, en plus de la hausse des taux d’intérêt, il faut noter que le financement en bourse est, lui aussi, plus dispendieux. C’est le cas pour le prix des actions en bourse vs les bénéfices, ce qu’on appelle communément le ratio Cours/Bénéfice (« Price to Earnings P/E ratio »). Depuis que les banques centrales ont abaissé leurs taux d’intérêt durant les dernières années pour relancer l’économie suite à la crise financière de 2008, les investisseurs (régimes de retraite, fonds souverains, fonds d’investissement,…), à la recherche de rendement sur leurs avoirs, ont investi massivement en bourse ce qui a créé une « bulle boursière » avec des C/B > 30-40, des niveaux anormalement élevés.

C’est la raison pour laquelle de plus en plus d’économistes prévoient une récession à court terme, certains la prédisant pour 2019. Or, comme vous le savez, je ne prête pas beaucoup de crédibilité aux économistes – des théoriciens qui s’appuient sur des modèles économiques (élaborés à partir du passé) pour extrapoler ce qui se produira dans l’avenir -. Mais j’accorde beaucoup plus de crédibilité à des financiers, tel John Mauldin, lesquels investissent leur propre argent pour en tirer bénéfice. Et, quand les économistes rejoignent les prédictions des financiers, alors les signaux d’une prochaine récession se confirment. Je joins à cet envoi un graphique publié en ce jour sur la « newsletter » The Daily Shot.

Alors, y aura-t-il récession ou non? Et, si oui, quand?

A ce propos, je suis d’avis que, depuis quelques années, les ratios C/B ont nettement dépassé les seuils « normaux » (ratios cours bénéfice historiques de 20) et qu’une bulle boursière existe bel et bien. Et que, tôt ou tard, le marché ira en correction.

Alors, quand?

A ce niveau et selon les prédictions rapportées par le Daily Shot, les économistes prévoient une correction « normale », similaire à celle de 2001, en 2019 avec une baisse du PIB réel de 2%.

Quand à John Mauldin, il la prévoit en 2017 ou, tout au plus, avant la fin de 2018 avec une correction majeure des titres boursiers.

Alors, va-t-elle survenir et quand?

Oui, elle va survenir mais je laisse à chacun le soin d’établir son propre pronostic…

Voir la chronique The Daily Shot sur le lien suivant:

http://mailchi.mp/dailyshot/the-daily-shot-brief-april-25-global-macro-currents-348389?e=059198740f