« Brick & Mortar Meltdown: Bon-Ton Department Stores Hires Bankruptcy Advisor »

Ainsi titre le site Wolf Street qui analyse régulièrement ce qui se trame dans le secteur des commerces de détail. En moins de 2 semaines, Vitamin World (345 points de vente), Bon-Ton Stores (260 points de vente) et Toys R Us (1 694 points de vente) ont déclaré faillite et se sont mis sous la protection de la loi pour se restructurer. Et redémarrer en affaire par la suite… possible mais peu probable.

Et, ici chez nous, la faillite récente de Sears Canada témoigne des difficultés qu’éprouvent les entreprises opérant des points de vente « Brick & Mortar ». Mais ce n’est pas tout. Dans une chronique précédente que je consacrais à ce sujet, j’ai mis en évidence la fermeture de nombreux commerces de détail sur les avenues les plus pretigieuses de New York. A l’évidence, un changement profond est en train de s’opérer…

Eh bien, oui: des changements dans nos habitudes de consommation nous frappent de plein fouet avec des distributeurs « en ligne » qui proposent des produits escomptés et des délais de livraison réduits, notamment. C’est le cas pour Amazon mais également nombre de « fournisseurs » qui proposent leurs produits sur eBay et Alibaba. A telle enseigne que même des géants comme Walmart transforment leur modèle d’affaire pour offrir des produits en ligne (et livraison rapide) pour contrecarrer des géants tel Amazon et survivre avec leurs points de vente au détail.

A cet égard, rappelons également l’acquisition récente de Whole Foods par Amazon où elle fait sonentrée dans le secteur des produits alimentaires, ce qui va induire une compétition féroce dans ce secteur et bouleversera, à nouveau, nos pratiques de consommation.

Car Amazon fait l’essai, dans l’un de ses magasins Whole Foods à Seattle, d’un système où le client « scanne » sa carte de crédit à l’entrée, met ses emplettes dans le panier et quitte le magasin sans même s’arrêter devant une caisse enregistreuse. Un système de « monitoring » très sophistiqué, basé sur des outils dérivés de l’intelligence artificielle, visualise et analyse les items insérés dans le panier et les achats sont débités automatiquement sur la carte de crédit du client. Voilà pour l’avenir qui sera bientôt chez nous.

Est-ce-à-dire que cette automatisation des achats et la disponibilité de fournisseurs « en ligne » explique ce qui s’est passé chez Sears, Toys R Us et les autres détaillants? Oui mais en partie seulement.

Car, dans plusieurs cas, ces détaillants – en bonne santé financière – ont été « rachetés » par des « raiders financiers » qui les ont « vidé » de leurs liquidités en les endettant au maximum, quitte à laisser les créanciers sur la touche lors de la faillite. C’est le cas de Toys R US rachetée en 2005 par Kohlberg Kravis Roberts (KKR), Vornado Realty Trust et Bain Capital pour la somme de 6,6 G$, ces financiers ayant récupéré tous leurs investissements initiaux (et un généreux profit )jusqu’à la mise en faillite.

Mais ce n’est pas tout: la faiblesse des taux d’intérêt pratiqués par les banques centrales ont fait en sorte que les grands investisseurs – fonds de pension, fonds souverains,.. – ont investi massivement dans l’immobilier, ce qui a eu pour effet d’en augmenter la valeur et, par effet collatéral, le prix des loyers exigés chez les détaillants.

A l’évidence, le secteur du commerce de détail va connaître de grands bouleversements dans les années à venir et il est à prévoir que nombre de centres commerciaux – petits, moyens et même grands – sont appelés à disparaître dans les années à venir.

Voir les deux chroniques proposées par Wolf Street:

Brick & Mortar Meltdown: Toys R Us Hires Bankruptcy Law Firm

Brick & Mortar Meltdown: Bon-Ton Department Stores Hires Bankruptcy Advisor