Dans des chroniques précédentes consacrées à Bombardier, j’avais mis en évidence le cul-de-sac dans lequel Bombardier se retrouve aujourd’hui. Ainsi, sa division ferroviaire échoue dans à peu près tous les contrats publics de trains et de métro et sa division aéronautique, face aux géants Airbus et Boeing et à l’avionneur brésilien Embraer ainsi qu’au nouveau venu Comac de Chine (avec son modèle C919 en compétition directe avec la C Series), n’a plus vraiment d’avenir, à mon avis.
S’agissant de la division aéronautique, Bombardier a tenté des initiatives pour se sortir de cet impasse en faisant une proposition « qu’on ne peut pas refuser » à Aribus… qui l’a envoyé paîter dans les marguerites… Et des discussions en cours avec Comac laquelle, tel le chat qui évalue sa proie, attend le meilleur moment pour se jeter sur cette dernière n’ont pas abouti: car Comac a bien besoin des technologies de Bombardier puisque son modèle C919 n’est pas technologiquement très avancé. Sauf que Comac a conclu, entretemps, une entente avec Boeing pour assembler des modules/avions en Chine, ce qui ouvrirait le marché chinois pour Boieng et ferait bénéficier Comac des technologies de Boeing.
Ainsi, pour Comac, à choisir entre un « lucratif partenaire » tel Boeing ou le mal en point Bombardier, le choix semble évident et Comac ne viendra pas à la rescousse de Bombardier, aucunement: sauf à la dernière minute pour acheter cette division « sur le point de fermer ses portes » et ainsi mettre la main sur des technologies qui lui font défaut. Et, dans ce cas, aucune préservation d’emplois au Québec/Canada, cela s’entend.
Revenons maintenant à la division ferroviaire…
Une très intéressante mise en situation nous est proposée ce matin dans le Journal de Montréal où on y fait état de discussions « en coulisse » pour sauver le fleuron de la division ferroviaire, soit l’usine de La Pocatière. Car l’avenir de cette usine est plus qu’incertain…

Ainsi, durant les 2-3 dernières années, tant pour le métro de Boston que celui de Chicago, le géant chinois CRRC (fusion en 2015 des deux plus importants producteurs de matériel ferroviaire en Chine) a obtenu ces contrats en présentant des propositions de 40% inférieures à celles de Bombardier, Idem pour le récent contrat octroyé par l’AMT pour ses prochains trains de banlieue qui a préféré la chinoise CRRC à Bombardier parce qu’elle présentait une soumission autrement plus intéressante que celle de Bombardier. Bref, la division ferroviaire n’a plus aucun nouveau contrat après la livraison prochaine des wagons Azur pour le métro de Montréal.
Evidemment, dans la mise en situation rapportée dans le journal, les employés de l’usine La Pocatière font état de leur plus grande expertise dans le « soudage » pour les trains et wagons de métro par rapport aux « faiblesses » de leurs homologues au Mexique. Mais, les mexicains ne sont pas des idiots et, d’ici peu, auront atteint le même niveau d’expertise que les employés de La Pocatière. Alors, plus aucun avantage à maintenir en opération une usine dont les coûts ne sont plus compétitits avec les auters usines de Bombardier. Ajoutons à cela que le président Trump entend exiger un contenu de fabrication américain de 75% pour tout contrat public octroyé aux Etats-Unis, ce qui privilégiera les usines américaines de Bombardier au détriment de ses usines au Canada ou au Mexique.
Bref, la mise en situation présentée dans l’article se veut davantage un « cri du coeur » des employés pour assurer la survie de leur usine mais, à terme, devant l’implacable concurrence de la firme chinoise CRRC et des conglomérats européens/chinois/coréens, à mon avis plus aucun avenir pour l’usine de La Pocatière. Et ce n’est pas la très « brillante ministre » Anglade qui sortira un « lapin miraculeux » du chapeau pour sauvegarder cette usine. A moins que le gouvernement n’y investisse, encore, des fonds publics pour garder en vie un canard boîteux durant quelques années…
En conclusion. Un signal indicateur: la famille Beaudoin a liquidé récemment des actions de BRP (Bombardier Recreational Products) en encaissant un joli profit…
NB: Chronique modifiée p.q., selon des informations reçues, plus personne ne peut émettre un commentaire « personnel » sur une entreprise inscrite en bourse, même s’il n’est pas courtier ou détenteur d’actions ou susceptible d’en devenir détenteur, sous peine de… ce qui m’apparaît abusif pour l’expression de l’opinion d’un simple citoyen…
Alors, ma question: quand le Journal de Montréal émet une opinion/critique sur une entreprise, enfreint-il la loi et devient susceptible de poursuites?
http://www.journaldemontreal.com/2017/08/27/lavenir-de-lusine-de-la-pocatiere-se-joue-en-coulisse
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